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jeudi, 05 novembre 2026

Pourquoi la débâcle de Trump n’est pas une bonne nouvelle: avec les démocrates, il y a le spectre d’une guerre contre la Russie

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Pourquoi la débâcle de Trump n’est pas une bonne nouvelle: avec les démocrates, il y a le spectre d’une guerre contre la Russie

Giovanni Balducci

Source: https://geopoliticaesistemi.com/perche-la-disfatta-di-tru...

Quand même le Texas, l’un des symboles du conservatisme américain, passe aux démocrates, nous ne sommes plus face à un simple revers électoral. Nous sommes face à une véritable débâcle politique. Donald Trump sort profondément affaibli des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, tandis que les démocrates reprennent le contrôle du Congrès. Pourtant, pour qui observe les événements depuis l’Europe, ce serait une grave erreur de voir automatiquement dans ce résultat le début d’une période plus pacifique.

Les raisons de la défaite républicaine sont nombreuses. Trump avait demandé aux Américains de croire à une rupture radicale avec le passé, promettant prospérité, sécurité, indépendance à l’égard des anciennes élites et, surtout, la fin des désastreuses aventures militaires des États-Unis. À l’épreuve des faits, nombre de ces promesses se sont évanouies. La politique douanière a introduit de nouvelles incertitudes économiques, le coût de la vie a continué de peser sur les familles, la gestion de l’immigration a exacerbé les conflits sociaux et l’affrontement permanent avec les institutions a encore davantage déchiré la société américaine.

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Mais c’est surtout sur le terrain international que la contradiction du trumpisme est devenue flagrante. L’homme qui se proclamait opposé aux guerres a contribué à ouvrir un nouveau front militaire contre l’Iran. Le 28 février 2026, les États-Unis ont participé, aux côtés d’Israël, à une offensive qui a déstabilisé davantage encore le Moyen-Orient, alimentant une crise aux conséquences économiques et géopolitiques difficilement maîtrisables.

La défaite de Trump a donc des raisons profondes. Mais l’euphorie suscitée par son affaiblissement ne devrait pas nous empêcher de voir le danger qui pourrait se profiler à l’horizon.

Le problème, en effet, est ce qui pourrait venir ensuite. Ou, plus précisément, ce qui pourrait revenir.

imajtalges.jpgL’éclatante victoire démocrate au Texas fournit déjà quelques indications. James Talarico (photo), le candidat qui a battu le républicain Ken Paxton dans la course au Sénat, est un personnage qui mérite qu’on s’y intéresse. Ancien enseignant, formé dans un séminaire presbytérien, il a construit une communication politique dans laquelle une référence obsessionnelle à la religion occupe une place centrale. Il n’appartient pas à la droite religieuse traditionnelle; il en conteste même ouvertement le nationalisme chrétien. Toutefois, son style de prédicateur politique, capable de mêler foi, moralisme et habileté médiatique, rappelle par moments ces télévangélistes américains qui vendent des certitudes avec la même désinvolture qu’un bonimenteur de téléachat vend des casseroles.

Plus significatif encore: Talarico a reçu le vote déclaré de Neil Bush, frère de l’ancien président George W. Bush. Bien entendu, cela ne démontre pas l’existence d’une alliance structurée entre les démocrates et la famille Bush. Mais cela signale une convergence entre des milieux politiques qui semblaient autrefois inconciliables.

Et c’est précisément cette convergence qui soulève une question: assistons-nous réellement au dépassement de l’ancien système de pouvoir américain, ou sommes-nous témoins de sa réorganisation?

Car, derrière l’alternance des présidents et des majorités parlementaires, il existe une continuité rarement remise en question: celle des intérêts stratégiques de Washington, des appareils de sécurité nationale, de l’industrie militaire et des structures diplomatiques et de renseignement. C’est ce que le débat politique désigne souvent sous le nom de «Deep State», ou «État profond», une expression controversée qui, au-delà des interprétations complotistes, renvoie au poids des institutions permanentes et des centres d’influence capables de survivre aux changements électoraux.

Trump avait promis de démanteler ce système. Il n’y est pas parvenu. Et son propre gouvernement a montré à quel point il est difficile de distinguer la rébellion contre l’establishment de la participation à ses mécanismes de pouvoir.

Mais le problème le plus grave, pour l’Europe, concerne les relations avec la Russie.

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La mémoire historique devrait inciter à davantage de prudence ceux qui voient aujourd’hui dans le succès démocrate une garantie de modération internationale. C’est sous la présidence de Barack Obama que la crise ukrainienne de 2014, l’intervention russe en Crimée, les sanctions occidentales et la dégradation progressive des relations entre Moscou et Washington ont inauguré une nouvelle période d’affrontement.

Avec Joe Biden, après l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, cet affrontement a pris une ampleur encore plus grande. L’aide militaire à Kiev, les sanctions économiques et le renforcement de l’OTAN ont été justifiés par la nécessité de soutenir un pays agressé. Mais ils ont également contribué à rendre la confrontation entre Washington et Moscou toujours plus dangereuse.

Il existe, au sein de l’establishment démocrate, une tradition interventionniste qui considère la force militaire, la pression économique et la confrontation géopolitique comme des instruments essentiels au maintien de la suprématie américaine. Tous les démocrates ne partagent pas cette approche, mais il serait naïf d’en ignorer le poids.

Trump, en revanche, représentait une anomalie. Non parce qu’il aurait été un homme de paix, comme le montrent ses décisions au Moyen-Orient, mais parce qu’il avait manifesté à l’égard de la Russie une disposition à négocier que de nombreux responsables de l’appareil politique et militaire américain jugeaient excessive.

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Sur cette ambiguïté se sont greffées les accusations d’une possible influence du Kremlin, allant jusqu’à l’hypothèse d’un président susceptible de faire l’objet d’un chantage de la part de Moscou. Il n’existe pas de preuves publiques définitives d’un chantage russe exercé sur Trump, et il serait abusif de transformer un soupçon en certitude. Le paradoxe politique demeure toutefois: cette même proximité avec Poutine, tant critiquée par ses adversaires, pouvait faciliter l’ouverture d’un canal direct de négociation et réduire le risque d’un affrontement frontal.

La situation pourrait désormais changer. Trump restera à la Maison-Blanche, mais il devra composer avec un Congrès contrôlé par les démocrates, disposant de moyens accrus pour entraver son programme, peser sur les dépenses publiques et renforcer la pression politique sur les choix internationaux de l’administration.

Le risque est que la logique de la confrontation permanente finisse par l’emporter définitivement sur celle de la diplomatie, faisant passer tout compromis pour une capitulation et toute tentative de négociation pour une trahison présumée.

C’est ici que l’enthousiasme suscité par la défaite trumpienne devrait céder la place à une réflexion bien plus inquiétante.

Peut-être observons-nous la politique américaine sous le mauvais angle. Nous continuons à discuter des présidents, des partis, des dirigeants charismatiques et des majorités parlementaires, comme si le destin du monde dépendait exclusivement de la personnalité de celui qui occupe la Maison-Blanche. Et si le problème était, au contraire, beaucoup plus profond?

Les États-Unis traversent une crise qui ne concerne pas seulement la politique. C’est une crise économique, sociale, institutionnelle et, surtout, géopolitique. Une puissance habituée à exercer une hégémonie presque incontestée doit faire face à l’essor de la Chine, au retour de la rivalité entre grandes puissances, à l’affaiblissement de son autorité internationale et aux contradictions d’un système économique marqué par de profondes inégalités.

C’est la crise d’un ordre mondial qui ne parvient plus à maîtriser les transformations qu’il a lui-même contribué à produire. Et lorsqu’une grande puissance perçoit le déclin de sa position centrale, le danger est qu’elle cherche à compenser par la force militaire ce qu’elle ne parvient plus à obtenir par le consentement, l’économie et la diplomatie.

Dans cette perspective, Trump et les démocrates pourraient représenter deux réponses différentes à une même crise. Le premier par le nationalisme économique, l’unilatéralisme et une politique étrangère imprévisible. Les seconds par le rétablissement des alliances traditionnelles, la défense de l’ordre international dirigé par Washington et une stratégie plus systématique et plus agressive d’endiguement des puissances rivales.

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Les discours changent, les protagonistes changent, mais le problème central demeure: comment une superpuissance peut-elle accepter de ne plus être le seul centre du monde?

C’est cette question qui devrait nous préoccuper davantage que le sort personnel de Trump. Car un système en difficulté peut devenir particulièrement dangereux lorsque ses classes dirigeantes, indépendamment de leur appartenance politique, continuent de considérer la prédominance mondiale comme une condition à laquelle il est impossible de renoncer.

Et l’Europe risque d’être le lieu où cette contradiction produit ses pires effets.

Nous, Européens, avons déjà subi le coût économique et énergétique de l’affrontement avec Moscou. Une nouvelle escalade pourrait transformer notre continent en théâtre principal d’une crise militaire entre puissances nucléaires. Les États-Unis peuvent concevoir la confrontation avec la Russie comme une question d’équilibre stratégique mondial. Pour l’Europe, en revanche, cette confrontation touche directement à sa survie.

C’est pourquoi il ne suffit pas de se réjouir de la défaite d’un président qui a accumulé les erreurs, alimenté les conflits et déçu nombre des attentes qu’il avait suscitées. Il faut se demander quelle direction prend l’ensemble du système politique américain. Certains choix impopulaires pourraient changer ; d’autres pourraient réapparaître sous des dehors plus institutionnels, avec un langage plus rassurant, mais en bénéficiant d’un consensus international plus large.

Et c’est précisément cette respectabilité qui pourrait rendre certains dangers moins visibles. Une politique de puissance ne cesse pas d’en être une simplement parce qu’elle est présentée au nom de la démocratie, de la sécurité collective ou de la défense de l’ordre international, plutôt que comme la lubie d’un Joker de la politique.

La débâcle de Trump peut donc marquer la fin d’une grande illusion. Mais elle n’autorise pas à en nourrir immédiatement une autre.

Giovanni Balducci

18:29 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, donald trump, états-unis, midterms2026 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 04 novembre 2026

L’âge d’or qui n’est jamais venu: l’effondrement des républicains de Trump Guerre, trahison et mort d’«America First»

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L’âge d’or qui n’est jamais venu: l’effondrement des républicains de Trump

Guerre, trahison et mort d’«America First»

Constantin von Hoffmeister

Source: https://www.eurosiberia.net/p/the-golden-age-that-never-came

Le peuple américain a rendu son verdict, et il est dévastateur. Lors des élections de mi-mandat du 3 novembre, les républicains ont été écrasés, perdant le contrôle de la Chambre des représentants comme du Sénat, tandis que l’âge d’or promis par Donald Trump s’effondrait dans l’humiliation politique. Trump avait pratiquement supplié les électeurs républicains de faire comme si son nom figurait sur les bulletins de vote. Ils ont suivi son conseil et voté en conséquence. Le résultat a été un rejet national d’une administration qui avait promis de rendre sa grandeur à l’Amérique, mais qui a ressuscité l’establishment même qu’elle était censée être venue détruire. Deux ans après son retour triomphal à la Maison-Blanche, Trump a entraîné son parti dans l’abîme. Les démocrates n’ont pas gagné parce qu’ils proposaient une magnifique alternative. Ils ont gagné parce que des millions d’Américains en avaient assez d’être trompés.

Au cœur de cette catastrophe se trouve la guerre inutile de Trump contre l’Iran, un conflit dicté par les intérêts israéliens et soutenu avec ferveur par les interventionnistes sionistes qui ont retrouvé leur influence à Washington. Trump avait promis de tenir l’Amérique à l’écart des guerres à l’étranger. Au lieu de cela, il a laissé les États-Unis s’enliser dans un nouveau désastre au Moyen-Orient, sacrifiant la prospérité américaine aux ambitions géopolitiques de Benjamin Netanyahou.

Les conséquences se sont fait sentir bien au-delà du champ de bataille. Les prix de l’essence et du gazole se sont envolés, les coûts de transport ont augmenté, et les Américains ordinaires se sont retrouvés à payer une guerre dont ils ne voulaient pas et dont ils n’avaient nul besoin. Routiers, agriculteurs, ouvriers de l’industrie et familles ont été contraints de financer une nouvelle aventure de l’establishment de la politique étrangère. Le président qui avait promis de faire passer l’Amérique d’abord avait une fois de plus placé les intérêts étrangers avant ceux de son propre peuple.

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Les conséquences économiques ont été particulièrement destructrices parce que Trump avait bâti son retour politique sur une promesse simple: tout deviendrait moins cher. L’essence, les produits alimentaires, le logement, l’électricité et les biens de première nécessité étaient censés redevenir abordables. Au lieu de cela, le consommateur américain s’est retrouvé confronté à la hausse des coûts, à l’incertitude économique et au spectacle d’un président se félicitant de son action pendant que les ménages ordinaires peinaient à joindre les deux bouts.

La guerre contre l’Iran a aggravé la crise énergétique, tandis que les droits de douane et les expérimentations économiques de Washington exerçaient une pression supplémentaire. Les dirigeants républicains s’attendaient à ce que les électeurs applaudissent des slogans patriotiques tout en payant plus cher à la pompe. Mais les slogans ne remplissent pas un réservoir, et les discours sur la grandeur de l’Amérique ne paient pas les courses au supermarché. Les travailleurs américains qui avaient ramené Trump au pouvoir ont découvert que l’âge d’or existait surtout dans les discours présidentiels.

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La trahison s’est étendue à l’immigration. Trump avait promis des expulsions massives, le rétablissement de la souveraineté aux frontières et une rupture décisive avec les politiques migratoires de ses prédécesseurs. Pourtant, la vaste campagne d’expulsions qu’attendaient ses partisans ne s’est jamais concrétisée à l’échelle promise. Il y a eu des opérations de contrôle, des affrontements et d’interminables déclarations de «fermeté», mais rien qui ressemblât à la transformation d’ensemble annoncée pendant la campagne. L’administration a préféré les annonces spectaculaires et les démonstrations d’autorité soigneusement mises en scène au difficile travail de restructuration fondamentale du système d’immigration. Une fois de plus, l’écart entre la rhétorique de Trump et ses réalisations est devenu impossible à dissimuler. Des millions de personnes avaient voté pour un redressement national, et non pour une nouvelle production théâtrale dans laquelle les mêmes problèmes subsistaient sous un nouvel assortiment de slogans.

L’Amérique n’a pas davantage assisté à la grande renaissance industrielle et infrastructurelle que Trump avait promise. Où étaient les magnifiques usines nouvelles, les ponts reconstruits, les chemins de fer transformés et les villes industrielles renaissant après des décennies d’abandon ? Où était le programme national de construction qui aurait témoigné d’une véritable rupture avec les politiques économiques à bout de souffle du passé ? Quels que fussent les investissements et les projets ponctuels dont l’administration pouvait se prévaloir, aucune transformation globale des infrastructures n’était à la hauteur de la grandiloquence historique employée par Trump. L’Amérique intérieure restait accablée par le déclin de ses villes et de ses communautés, le délabrement de ses équipements publics et les conséquences durables de la désindustrialisation. Plutôt que d’orienter les ressources nationales vers la reconstruction, Washington est revenu à ses priorités habituelles: la puissance militaire, la confrontation géopolitique et les exigences de puissants intérêts financiers. On avait promis à l’Amérique une renaissance; elle a eu droit à une nouvelle opération de maintien de l’impérialisme.

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La plus grande tromperie a peut-être été la prétendue rébellion de Trump contre l’establishment néoconservateur. Pendant des années, les partisans de MAGA avaient dénoncé les architectes des interventions désastreuses de l’Amérique à l’étranger, la bureaucratie permanente de Washington et la classe politique qui traitait la nation américaine comme un instrument de domination mondiale. Trump prétendait incarner la destruction de ce système. Pourtant, sa seconde administration en a de plus en plus adopté les priorités. Le langage a changé, les personnes ont changé et les ornements patriotiques sont devenus plus extravagants, mais le fond est resté douloureusement familier: interventions militaires à l’étranger, soutien inconditionnel à Israël, confrontation avec des puissances souveraines comme la Russie et la Chine, et subordination de la prospérité intérieure aux ambitions stratégiques à l’étranger. La révolution promise a fini dans les mêmes conneries néoconservatrices, désormais vendues sous l’étiquette «America First». Le mouvement qui avait promis de renverser l’establishment est devenu son dernier déguisement.

La défaite républicaine révèle également la faiblesse d’un mouvement politique organisé autour de la personnalité d’un seul homme plutôt que d’un programme cohérent de renouveau national. Trump exigeait la loyauté, balayait les critiques et traitait tout désaccord au sein de son propre mouvement comme une trahison. Mais la loyauté personnelle ne saurait compenser l’échec politique. Ses partisans étaient censés excuser chaque promesse non tenue au motif que l’autre option était prétendument pire. Cet argument a fini par perdre toute efficacité. En votant contre les républicains, les Américains ne se ralliaient pas nécessairement à l’establishment démocrate, dont le bilan en matière de mondialisme, d’interventionnisme et de mauvaise gestion économique reste tout aussi désastreux. Beaucoup refusaient simplement de récompenser un président qui avait trahi les attentes qui l’avaient porté au pouvoir. Les élections de mi-mandat ont montré qu’une révolte populiste ne peut survivre indéfiniment grâce à la nostalgie, au théâtre politique et à la répétition de promesses déjà bafouées.

L’effondrement des républicains marque quelque chose de plus important qu’un nouveau changement de majorité au Congrès. Il représente la destruction d’une illusion politique qui avait captivé des millions d’Américains et inspiré des mouvements nationalistes dans tout le monde occidental.

Trump avait promis la paix et a apporté la guerre. Il avait promis la prospérité et a apporté la hausse des prix. Il avait promis des expulsions massives et n’a pas réalisé la transformation qu’attendaient ses partisans. Il avait promis une renaissance industrielle et n’a proposé aucune grande reconstruction nationale. Surtout, il avait promis de vaincre l’establishment néoconservateur et a finalement adopté son programme.

La tragédie est que les démocrates, bénéficiaires de cet échec spectaculaire, représentent dans une large mesure le même ordre politique en décomposition. L’Amérique est désormais prise au piège entre deux partis qui s’opposent dans leurs discours tout en préservant les structures essentielles de la puissance impérialiste. L’âge d’or n’est jamais venu. On avait proposé au peuple américain une révolution; il a reçu une nouvelle administration semblable à celle de l’ancien régime. La plus grande réussite politique de Trump aura peut-être été, en définitive, de détruire le mouvement qui croyait qu’il le sauverait.

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mardi, 03 novembre 2026

Musk, Trump, Zelensky et Starlink

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Musk, Trump, Zelensky et Starlink

Alexandre Douguine

Présentateur: Nous allons aborder un sujet très proche de nous, d’une grande importance et, si vous voulez, « élevé » — ne serait-ce qu’en termes de distance et d’altitude orbitale.

Le réseau de satellites Starlink se retrouve une fois encore au cœur des débats, des polémiques et des justifications les plus vifs. Elon Musk a fait une série de déclarations retentissantes. Il apparaît que les forces ukrainiennes auraient exploité certaines failles techniques du système — en clair, contourné des restrictions, piraté des fonctionnalités et utilisé le service commercial Starlink à des fins purement offensives pour le ciblage de frappes, ce qui, selon Musk, est catégoriquement inacceptable. Musk a promis de combler toutes les failles et de ramener l’ensemble à des paramètres strictement civils. Zelensky a déjà indiqué que les communications avaient été rétablies, mais, dans le même temps, les déclarations émanant de Kiev montrent clairement que l’on s’attend à tout moment à de nouvelles mauvaises surprises de la part de Musk et de son système.

Parallèlement, Musk lui-même a déclaré sans détour que Starlink était la seule raison pour laquelle la ligne de défense ukrainienne ne s’était pas encore complètement effondrée.

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Alexandre Guélievitch [Douguine], que signifie tout cela à l’heure actuelle ? S’agit-il simplement d’un prétexte commode et d’un règlement de comptes tactique au sein de l’establishment américain à l’approche des élections nationales, ou est-ce le signe que toute cette pyramide technologique commence réellement à vaciller et qu’une fracture systémique apparaît dans le dispositif militaro-technique de l’Occident?

Alexandre Douguine : Tout d’abord, Musk — comme Trump au tout début, et comme l’écrasante majorité du mouvement MAGA, à l’exception des néoconservateurs, qui ont malheureusement considérablement renforcé leur influence ces derniers temps — était opposé à cette guerre. Trump lui-même et le noyau du mouvement MAGA étaient initialement opposés au soutien financier et militaire au régime de Zelensky, opposés à l’entraînement des États-Unis dans un conflit avec l’Iran, et insistaient pour que l’Amérique se concentre exclusivement sur son programme de politique intérieure.

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Cependant, le puissant lobby sioniste aux États-Unis, allié aux néoconservateurs, a de fait contraint Trump à s’enliser dans la confrontation avec l’Iran. Ils continuent à attiser systématiquement la russophobie systémique — rappelons, par exemple, la célèbre initiative législative de Lindsey Graham (photo). Fait remarquable, ce sont exactement les mêmes personnes. Mark Levin, Ben Shapiro: des néoconservateurs typiques et, en même temps, des sionistes militants. Pour ce groupe de sionistes américains, les orientations pro-israéliennes, anti-iraniennes et antirusses ont toujours coïncidé avec un soutien inconditionnel à Zelensky — en contraste flagrant avec les positions du partisan ordinaire de MAGA.

Et, au sein de cet ensemble, Musk était l’un des représentants les plus marquants de la « première vague » de MAGA. Il a créé l’organisme chargé d’améliorer l’efficacité de l’appareil d’État, le DOGE, et a démantelé progressivement les programmes de l’USAID. Mais lorsque Trump a pris ce tournant sioniste et néoconservateur, Musk a semblé se murer dans le silence. Au moment des événements internationaux les plus importants, des bouleversements tectoniques, il s’est délibérément tenu à l’écart et a commenté des choses parfaitement insignifiantes — par exemple, en se vantant de sa merveilleuse IA Grok et des belles images de style anime qu’elle pouvait générer.

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Ce fut une véritable émigration intérieure dans l’espace numérique. Il s’est retiré de la grande politique, s’est cantonné strictement au domaine des affaires et a cessé de livrer des analyses géopolitiques, alors qu’auparavant il s’exprimait à pratiquement chaque occasion.

Et maintenant, on le ramène partiellement au service de l’État — à de grands contrats, assortis de pouvoirs spécifiques — et il a recommencé à s’exprimer. À mon avis, une nouvelle politique « post-trumpiste » prend actuellement forme, dans laquelle Musk est appelé à jouer l’un des rôles clés.

C’est précisément pour cette raison que des thèmes à moitié oubliés reviennent au premier plan : une critique acerbe de l’engagement dans le conflit avec l’Iran, des accusations contre l’Union européenne, les mondialistes et le Parti démocrate, selon lesquelles ce sont eux qui ont déclenché le massacre sanglant entre Russes et Ukrainiens.

Musk a publié un message retentissant, déclarant explicitement: «Maudits soient ceux qui ont appelé à cette guerre, qui a coûté la vie à des centaines de milliers de personnes!». C’était un coup direct et dévastateur porté aux néoconservateurs au sein du Parti républicain ainsi qu’aux démocrates. Cela concerne à la fois la guerre elle-même et l’aide insensée apportée à Kiev.

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Musk s’en est immédiatement pris à Zelensky, affirmant sans détour que cet homme ne veut absolument pas la paix et ne fonctionne que sur la base de la guerre. Ces formulations étaient extrêmement dures.

Quant à la Russie, même Trump essaie de maintenir une position relativement mesurée: il n’est pas un russophobe enragé et primaire comme ses adversaires démocrates ou ses alliés néoconservateurs, et il tente de préserver un certain équilibre. Bien que, comme nous le voyons clairement, il soit loin d’être libre de suivre pleinement sa propre ligne.

Et il est ici extrêmement important que les critiques de Musk visent aussi directement le déclenchement d’une guerre contre l’Iran. Le terme « fauteurs de guerre », dans ses reproches, s’applique avec la même force au théâtre ukrainien et au théâtre moyen-oriental.

Peut-être s’agit-il en partie d’une subtile manœuvre électorale, car les sondages montrent implacablement qu’à un certain stade, Trump a rapidement dilapidé sa réserve d’or qui était le soutien dont il jouissait parmi les partisans fidèles du MAGA des débuts. Il a méthodiquement repoussé le noyau idéologique, estimant pouvoir se passer de lui.

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Permettez-moi de rappeler que, dans ses publications sur Truth Social, il s’est emporté contre les dirigeants les plus loyaux et les plus convaincus de ce mouvement — Tucker Carlson, Marjorie Taylor Greene, Megyn Kelly, Alex Jones et Musk lui-même. Pourtant, c’est précisément cette cohorte d’idéologues qui lui a, pour l’essentiel, apporté la victoire, en lui procurant la marge décisive dont les républicains traditionnels étaient dépourvus. D’ailleurs, J.D. Vance est issu du même cercle.

Et maintenant, cette force profonde, extrêmement intéressante à observer, commence à se manifester ouvertement en Amérique. Elle est fondamentalement opposée au soutien militaire à Kiev.

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En même temps, Musk est un pragmatique endurci et un homme d’affaires. Il trace une ligne claire: le dispositif militaire Starshield relève directement des prérogatives du Pentagone et de l’État américain, et Musk lui-même n’y prend formellement aucune décision. Bien sûr, auparavant, il fermait les yeux sur la manière dont les Ukrainiens pirataient sans vergogne le système commercial Starlink et l’utilisaient pour des frappes offensives. Mais le simple fait qu’il ait cessé de fermer les yeux et commencé à dresser publiquement des barrières constitue un symptôme de la plus haute importance.

Il ne s’agit pas simplement d’agitation préélectorale ni d’une tentative de reconquérir, pour le bénéfice de Trump, un électorat désillusionné. Tout cela est beaucoup plus profond: nous entrons progressivement dans l’ère post-Trump. Aux États-Unis se cristallise une immense et puissante force conservatrice et isolationniste, opposée au lobby sioniste, à la guerre en Ukraine, aux mondialistes et aux bureaucrates européens. En raison de la politique maladroite de Trump, et, par endroits, elle a tout simplement ratée, cette masse de plusieurs millions de personnes s’est retrouvée politiquement orpheline. Une lutte acharnée se déroule maintenant pour déterminer qui la dirigera et sous quelles bannières elle sera ralliée. Les démocrates se frottent déjà les mains, comptant dresser leurs adversaires les uns contre les autres et organiser une chasse aux figures clés de MAGA.

Mais il faut envisager le problème plus largement. Nous ne devons pas ramener l’analyse à un niveau enfantin: «Musk a coupé Starlink — bravo; il ne l’a pas coupé — mauvais point». Nous devons comprendre clairement ceci: nous sommes en état de guerre directe avec les États-Unis, et Trump ne met pas fin à cette guerre.

L’issue idéale serait peut-être que les dirigeants des trois grandes puissances — Poutine, Trump et Xi Jinping — se rencontrent sans aucun intermédiaire, sans Ukrainiens ni Européens, afin que ces derniers ne viennent tout simplement pas leur mettre des bâtons dans les roues. Aujourd’hui, nous avons un monde tripolaire pleinement constitué. Et les véritables dirigeants de ces trois États-civilisations devraient s’asseoir à la même table et négocier directement entre eux.

Il est révélateur que Trump lui-même laisse périodiquement échapper: «L’Ukraine ne m’intéresse absolument pas, je ne veux pas en discuter; parlons plutôt de stabilité stratégique et d’arsenaux nucléaires». Pour lui, le dossier ukrainien est une question périphérique et secondaire. Mais, sous la pression étouffante de forces internes et externes, il est contraint de poursuivre cette ligne. Alors qu’il est enlisé dans une multitude de conflits, abandonner le soutien à Zelensky serait la mesure la plus rapide et la plus douloureuse pour les démocrates, et une mesure que le pays tout entier accueillerait favorablement. Mais Trump est malheureusement pieds et poings liés et ne dispose pas d’une souveraineté suffisante pour prendre cette décision de sa propre initiative.

lundi, 19 octobre 2026

Ukraine: la guerre de Londres contre Trump et le nouveau Yalta

Image ID 2J2N4TG Ukrainian flag and British Union Jack flag flying together in UK, showing solidarity & support for people of Ukraine in the Russia Ukraine war CREDIT ALAMY STOCK PHOTO 270423.png

Ukraine: la guerre de Londres contre Trump et le nouveau Yalta

Entre-temps, Trump a levé toutes les sanctions imposées à Moscou, réduisant à néant les analyses de ceux qui avaient prédit qu’il brandirait comme une massue les sanctions infernales conçues par le sénateur Lindsey Graham.

Par Davide Malacaria

Source: https://www.piccolenote.it/mondo/ucraina-la-guerra-di-lon...

Trump poursuit son offensive de pression sur Zelensky pour le contraindre à négocier avec Poutine. Celle-ci va de pair avec les pressions exercées sur l’Europe pour qu’elle cesse de soutenir la posture musclée du président ukrainien et qu’elle renoue des relations avec la Russie, en commençant par l’achat de gaz acheminé par Nord Stream — dans lequel des entrepreneurs américains souhaitent investir.

Entre-temps, Trump a levé toutes les sanctions imposées à Moscou, réduisant à néant les analyses de ceux qui avaient prédit qu’il brandirait comme une massue les sanctions infernales conçues par le sénateur Lindsey Graham et approuvées par le Congrès après son décès (¹). Lorsqu’il avait signé la résolution, il était évident qu’il en atténuerait la portée ou ne l’appliquerait pas au moment opportun.

Il reste toutefois qu’à ce jour, la paix n’en est qu’au stade des pourparlers et que les déclarations de Trump, chargées de frustration et d’irritation envers Zelensky, qu’il accuse de ne pas vouloir la paix — il n’est pas le seul à le penser —, ne suffisent pas à le faire plier.

Zelensky a tout à perdre à la paix: le pouvoir, l’argent — il est impossible qu’il soit le seul homme honnête de son cercle rapproché, décimé depuis des années par les enquêtes judiciaires — et, enfin, le prestige international que le conflit lui a offert (sic!).

Ainsi, le 14 octobre, l’Amérique a envoyé un message fort et clair en interrompant pendant une nuit le fonctionnement du réseau satellitaire Starlink, facilitant ainsi les opérations russes.

Zelensky, misant sur les critiques généralisées des oligarchies occidentales contre l’initiative trumpienne, critiques qui n’ont effectivement pas manqué de se manifester, a poursuivi imperturbablement sa route, comptant sur le rétablissement du réseau, qui a bien eu lieu.

Malgré ce rétablissement, Zelensky s’est toutefois plaint que le service n’avait pas été pleinement restauré pour les forces armées ukrainiennes. Et cette nuit, une nouvelle attaque russe contre Kiev n’a pas été signalée par Starlink.

Zelensky s’est donc décidé à téléphoner aux hommes de Trump, Witkoff et Kushner, ce qu’il s’était abstenu de faire depuis qu’il avait commencé à polémiquer violemment avec le président américain après la levée, par celui-ci, des sanctions visant le gazole russe.

Zelensky s’entretient avec Witkoff et Kushner sur fond de crise entre les États-Unis et l’Ukraine

Nous n’en sommes qu’à un premier pas, ambigu de surcroît, compte tenu de l’entêtement de Zelensky et de sa fragilité, autre facteur qui l’empêche de s’engager sur la voie de la paix: il risque d’être tué pour trahison par ses amis, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Pour comprendre ce que préparent les soutiens de Zelensky afin de contrer l’offensive trumpienne, reprenons les propos d’Anders Åslund dans le Kyiv Post, média ukrainien étroitement lié aux Britanniques. Trump, écrit le professeur, a «désormais jeté le masque» et montre son vrai visage à l’Europe.

En réalité, Trump avait déjà manifesté par le passé son penchant pour une approche non conflictuelle avec Moscou — et pour la recherche de la paix en Ukraine —, disposition à laquelle les dirigeants européens avaient répondu par la flatterie et la persuasion.

Cette fois, Trump paraît plus déterminé et cette approche ne fonctionnera pas, écrit Åslund, qui ajoute: «L’Europe ne peut plus rester passive. Elle ne peut pas non plus faire semblant de considérer les États-Unis comme un allié. Il s’agit d’un ennemi qui soutient la Russie, s’oppose à l’Ukraine et veut détruire l’UE». Aussi, selon le professeur, la première mesure à prendre, conjointement avec le Canada, consiste à transformer l’OTAN en «éliminant le plus rapidement possible le personnel et les éléments américains»…

La nouvelle OTAN, qui serait ainsi placée sous la houlette britannique, doit «développer rapidement» les capacités de renseignement nécessaires pour soutenir Kiev et entreprendre de «s’armer le plus vite possible». Cette évolution doit aller de pair avec un processus d’intégration de l’Ukraine à l’OTAN, lequel doit avancer «au plus vite, mais cela ne peut se faire qu’après l’exclusion des États-Unis».

Nous ne citerions pas un article aussi hallucinant s’il ne donnait voix à un sentiment qui circule dans de nombreux milieux intellectuels européens, lesquels caressent le rêve — comprenez: le cauchemar — d’un affrontement direct avec la Russie. Ils le caressent, le présentent comme quelque chose de réalisable, en faisant semblant de croire que l’on pourrait éviter la catastrophe qui en résulterait.

Mais cet article est évidemment intéressant aussi pour son exhortation à modifier les rapports avec l’Amérique, du moins celle de Trump, que ces milieux considèrent précisément comme une entité hostile.

Ce n’est pas seulement la guerre en Ukraine qui éloigne comme jamais les deux rives de l’Atlantique, mais aussi, et surtout, la perspective vers laquelle s’oriente Trump, évoquée dans un article du Wall Street Journal. Lors de l’entretien téléphonique entre Trump et Poutine du dimanche 14 juin, il a en effet été question d’une éventuelle rencontre trilatérale entre Poutine, Trump et Xi Jinping au sommet de l’APEC des 18 et 19 novembre.

Dans notre compte rendu de cet appel, nous avions laissé entendre que tel était le contenu de la conversation; le WSJ le confirme avec autorité. Selon le journal américain, cette rencontre porterait sur la paix en Ukraine. C’est possible, même s’il faut un interlocuteur ukrainien pour la conclure, mais l’enjeu est bien plus vaste: un nouveau Yalta, sous d’autres formes et modalités, un nouvel ordre mondial qui mette fin à la dynamique actuelle des guerres sans fin.

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Poutine évoque un sommet avec Trump et Xi pour discuter d’un accord sur l’Ukraine

Un nouveau Yalta dont l’Europe serait exclue, avec toutes les conséquences que cela implique. Mais surtout la Grande-Bretagne, qui était présente au précédent Yalta et joua un rôle important dans l’ordre mondial de l’après-guerre, dont la dynamique des guerres sans fin constitue un prolongement devenu incontrôlable — ces guerres servent en effet à tenter de préserver le pouvoir des anciens maîtres et à contenir l’émergence de nouvelles réalités géopolitiques.

Ce n’est pas pour rien que Winston Churchill fut à l’origine du rideau de fer, cette barrière infranchissable entre l’Est et l’Ouest qui donna forme à ce Yalta, conférant à l’oligarchie anglo-saxonne la direction de l’Occident.

Ce précédent explique pourquoi la Grande-Bretagne a aujourd’hui lancé un djihad contre cet hypothétique nouveau Yalta trilatéral. La guerre en Ukraine est un précieux levier à cette fin. Londres est en proie à une véritable démesure, au point d’aller jusqu’à rêver de prendre la tête d’une OTAN sans les États-Unis. Entre-temps, elle a attelé l’UE à son char. Ce n’est pas rien.

Note: 

(¹) Note de traduction : le texte italien porte bien «dopo il suo decesso» («après son décès»). Cette formulation, dont le référent est ambigu, est conservée sans correction.

dimanche, 04 octobre 2026

Les géopolémiques de Trump

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Les géopolémiques de Trump

par Georges Feltin-Tracol

Herodote-N-200-201-50-ans-de-geopolitique-hommage-a-Yves-Lacoste.jpgDécédé le 20 juin dernier à l’âge respectable de 96 ans, le géographe Yves Lacoste a réhabilité la géopolitique à l’université. Quelques mois auparavant, à l’occasion de la parution de son 200ème numéro, Hérodote, sa revue fondée en 1976 avec l’investissement de l’éditeur François Maspero, lui rendait un vibrant hommage.

Rien ne prédestinait Yves Lacoste à la géopolitique. Tenant d’une géographie critique se référant à la fois au marxisme et au tiers-mondisme, ce militant du PCF dans sa jeunesse découvre les écrits de l’historien musulman Ibn Khaldoun (1332–1406) et du géographe français Élisée Reclus (1830–1905), par ailleurs fervent partisan de l’anarchisme. C’est à leur contact et en étudiant sur le terrain les ravages des bombes étatsuniennes sur les rizières du Vietnam du Nord, qu’il comprend que «la géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre», titre de son célèbre essai qui le consacre en patron de la géopolitique dans l’Hexagone dès 1976.

La-geographie-ca-sert-d-abord-a-faire-la-guerre.jpgLa géographie n’est pas une science objective quand bien même elle emploie des outils mathématiques et statistiques. Certes, la géographie physique qui étudie les morphologies terrestres s’approche d’une certaine rigueur scientifique en dépit du facteur anthropique qu’il ne faut jamais négliger.

Quant à la géographie humaine à laquelle se rattache la géopolitique, elle ne bénéficie pas de cette assurance relative puisqu’elle se fonde sur des présupposés humains qui rendent impossibles l’élaboration de toutes autres paradigmes géographiques au contraire de la géométrie non euclidienne développée au XIXe siècle par Bernhard Riemann. L’étude du monde est par conséquent sujet d’interprétations sans cesse divergentes.

Donald Trump ignore tout de l’épistémologie de la géopolitique. Il possède toutefois un instinct redoutable qui l’entraîne dans une incroyable guerre toponymique. Dès le jour de son investiture, le 20 janvier 2025, un décret présidentiel transforme le golfe du Mexique en «golfe de l’Amérique». Le point culminant de l’Amérique du Nord se situe en Alaska. Le sommet porte le nom de Mont McKinley en hommage au 25e président des États-Unis, William McKinley, assassiné en 1901 par l’anarchiste Leon Czolgosz et mis en avant en permanence par son lointain successeur. En 2015, le sommet change de nom et devient officiellement Denali, ce qui signifie dans l’idiome amérindien local «Celui qui est haut». Trump rétablit son nom précédent en 2025.

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Le 27 août 2026, furieux que le gouvernement canadien et des gouverneurs provinciaux, en particulier celui de l’Ontario, Doug Ford, pourtant conservateur populiste lui-même, lui tiennent tête et répondent à ses mesures protectionnistes par une hausse élevées des droits de douane, Donald Trump renomme le lac Ontario en «lac Amérique». Osera-t-il changer le lac Majeur en «lac Trump»?

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L’actuel locataire de la Maison Blanche souhaiterait aussi que l’État du Nouveau Mexique devienne l’«État de la Nouvelle-Amérique»… Dès le 2 septembre, il entend dénommer en plein conflit avec l’Iran le détroit d’Ormuz en «détroit Trump». On attend avec impatience qu’il donne son image et ses formes à la Statue de la Liberté tant il est vrai qu’un Donald Trump en robe longue et un peu moulante ferait son plus bel effet. À moins qu’il rebaptise New York, ce fief démocrate progressiste, en Trumpville…

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Le 7 septembre dernier, sur son propre réseau social Truth Social, le chef d’État yankee publie une carte de l’Amérique du Nord, des Antilles, de l’Amérique centrale, de Cuba, du Groenland et de l’Islande, en y incluant les territoires français et néerlandais, recouverte de la bannière étoilée étatsunienne.

On reste pantois devant cette représentation fantasmée des USA hypertrophiés, surtout si on la compare avec les actions musclées de l’ICE, la police anti-immigration. Ses agents, recrutés à la va-vite, pourchassent régulièrement les Latinos avant de les expulser vers leurs pays d’origine. Or l’extension territoriale des États-Unis à des territoires majoritairement hispanophones impliquerait-elle l’octroi de la citoyenneté étatsunienne à ces populations pour l’instant expulsables du territoire US ? Quelle contradiction ! Sauf dans l’hypothèse sinistre que les États-Unis renoueraient avec leur funeste passé génocidaire des peuples autochtones et de la traite négrière. On peut aussi imaginer qu’en promouvant la submersion migratoire de l’Europe ainsi que l’instabilité globale en Afrique du Nord, Washington inciterait Afrikaners et Européens de l’Ouest à fuir leurs foyers historiques afin de s’installer dans les méga-« États-Unis » christianomorphes blancs. Cette inquiétante supposition est possible.

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Les contentieux géopolitiques ne portent pas que sur les toponymes. Ils affectent aussi planisphères et autres cartes du monde. Évacuons le problème de la centralité cartographique. Les cartes disponibles en Europe sont euro-centrées. En Amérique du Nord, l’américano-centrisme domine. En Australie, la carte fréquente indique le Nord vers le bas et place en son centre l’île-continent des antipodes.

Non, le sujet concerne ici la pertinence de la projection cartographique. Géographes et cartographes savent toute la difficulté matérielle de représenter le globe terrestre tridimensionnel sur une surface plane bidimensionnelle. Il en résulte toujours des distorsions plus ou moins complexes. La carte la plus utilisée en Occident procède de la projection du Flamand Gérard Mercator (1512–1594) destinée à l’origine à la navigation transocéanique. La carte mercatorienne étire les territoires aux hautes latitudes et au contraire les contracte vers l’équateur; il en ressort une représentation visuelle inexacte puisque le Groenland d’une superficie de 2.166.086 km² est vu plus étendu que l’Inde (3.287.263 km²). Sur d’autres projections, le Groenland se présente plus vaste que l’Afrique qui, en réalité, fait quatorze fois la superficie de l’île septentrionale !

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Le 4 septembre 2026, l’assemblée générale de l’ONU adopte une résolution intitulée « Rééquilibrer la représentation cartographique mondiale et promouvoir une représentativité équitable des régions du monde, en particulier l’Afrique » malgré le vote hostile des États-Unis d’Amérique et six abstentions dont celle de l’Ukraine. Cette motion approuvée écarte la projection cartographique de Mercator au profit d’une projection récente, réalisée en 2018, appelée Equal Earth, conçue par Bojan Savric, Bernhard Jenny et Tom Patterson. La configuration préserve la surface relative des étendues terrestres (le Groenland y est bien moins étendu que l’Afrique) malgré une diminution partielle et le maintien de déformations aux hautes latitudes septentrionales et méridionales.

Mandaté dès avril 2025 par les cinquante-cinq États de l’Union africaine, le Togo soutient cette initiative aussitôt applaudie par les associations décoloniales wokistes pour qui ce vote représente «un acte de justice cognitive et de réparation mémorielle» en attendant peut-être que les États européens sortent le carnet de chèque, car ces derniers baignent dans la prospérité économique et l’excédent budgétaire astronomique. Pour sa part, l’association CorrectTheMap (« Corriger la carte ») se réjouit de cette adoption qui permettrait de «démanteler l’héritage colonial […] qui déforme l’identité africaine». Six décennies après la décolonisation, il était temps et urgent de réagir! Soulignons la référence explicite à un sentiment identitaire africaine alors que s’aggravent les tensions intra-africaines en Afrique des grands lacs.

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Le choix de la projection Equal Earth ne suscite pas le consensus parmi les experts. Le cartographe allemand Arno Peters (1916-2002) réalise dès 1967 sa propre carte inspirée et corrigée de la projection du pasteur écossais James Gall (1808–1895). Le planisphère selon Peters réduit les surfaces aux hautes altitudes et les élargit à l’équateur. La carte qui en résulte est fort correcte. L’émission géopolitique « Le dessous des cartes » diffusée sur la chaîne Arte, connue pour être l’antre des nostalgiques de la division Charlemagne, l’utilise dès son lancement. Il est regrettable que l’ONU, toujours aussi conformiste, n’évoque pas et ne choisisse encore moins la projection Peters n’est point été envisagée, sinon choisie.

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Les cartes ne sont jamais neutres. Le sémanticien non aristotélicien Alfred Korzybski (1879-1950) estimait que « la carte n’est pas le territoire ». La carte n’est qu’une simplification assumée, plus ou moins probante, de la réalité géophysique. Donald Trump aurait tout intérêt maintenant de concevoir sa propre projection. En effet, toute projection cartographique expose les arrières-pensées de son concepteur.    

GF-T

  • « Chronique flibustière », n° 200, d’abord mise en ligne le 1er octobre 2026 sur Synthèse nationale.

mercredi, 05 août 2026

Les limites du Jeu

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Les limites du Jeu

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/i-termini-del-gioco/

Tous les Jeux, même les plus complexes et sophistiqués, ont des limites. Des frontières, disons, qui ne peuvent être franchies. Des frontières qui sont souvent et inévitablement temporelles.

Il semble que Washington prépare une attaque massive contre l’Iran, en collaboration avec Israël.

Et que cette attaque devrait avoir lieu prochainement.

Pour certaines raisons, posées, bien sûr, comme excellentes et irréprochables.

Trump est, probablement, contraint d’agir. Contraint, en premier lieu, par sa relation avec Netanyahu. Qui semble le conditionner et, à certains égards, le tenir sous sa coupe. Je laisse à chacun le soin d’en évaluer la raison.

Il est aussi contraint d’agir pour essayer de ramener un résultat positif.

Car, à ce jour, l’offensive militaire américaine en Iran s’est révélée être un désastre.

Ce n’est pas parce que l’Iran a gagné. Simplement parce qu’il ne s’est pas effondré comme Washington s’y attendait. Et, au contraire, il a riposté coup pour coup. Créant de nombreux problèmes aux États-Unis et, en premier lieu, à ses alliés arabes.

Des alliés qui manifestent désormais un malaise croissant. Au point de risquer de désagréger la coalition américaine.

Laquelle, de plus, semble avoir désormais affecté toutes ses principales ressources militaires à la défense d’Israël.

Laissant, de fait, ses « amis » arabes sans protection ni défense.

Cependant, la raison principale pour laquelle Trump doit agir rapidement est liée à la scène politique interne américaine.

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Aux prochaines élections de Midterm, qui, dans l’état actuel des choses, pourraient s’avérer désastreuses pour les Républicains.

Désormais, Trump est dans son dernier mandat présidentiel. Il n’est plus éligible, malgré certaines déclarations et revendications ponctuelles.

Cependant, il veut, ou plutôt voudrait, garder le contrôle du Parti républicain. Et peut-être pense-t-il à une succession dynastique. A son fils.

Impossible, toutefois, si les Midterms s’avèrent être un désastre total. Non seulement il deviendrait un «canard boiteux» pour le reste de son mandat. Son avenir politique serait annulé. Le sien ainsi que celui de ses partisans.

En vérité, ceux-ci sont de moins en moins nombreux. Car les prises de distance avec l’Administration, et son alignement sur Israël, en s’impliquant de plus en plus dans un conflit qui est étranger aux intérêts américains, augmentent de jour en jour.

C’est désormais un véritable éboulement.

Trump a donc besoin d’un succès dans le conflit iranien. Et il en a besoin rapidement.

Cela pourrait ne pas suffire à redresser la situation. Mais il est désormais trop tard pour trouver une autre issue.

14:19 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, donald trump, états-unis, iran | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 04 juin 2026

Le gouvernement de la guerre permanente – Qui détient réellement le pouvoir à Washington ?

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Le gouvernement de la guerre permanente – Qui détient réellement le pouvoir à Washington?

Marek Wojcik

Beaucoup d’entre nous se demandent quel est le véritable pouvoir du président des États-Unis. Est-il, comme il se désigne lui-même, «l’homme le plus puissant du monde», ou tombe-t-il sous l’emprise des oligarques qui ne cessent de fomenter des conspirations?

Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/198981

Ou bien se subit-il peut-être un chantage par le plus grand allié des États-Unis? Les décisions du président, en particulier celles qui concernent la guerre, sont-elles le fruit de son ego démesuré, ou poursuit-il peut-être un plan diabolique visant à jouer ses magnifiques «cartes» fabriquées en Chine?

Les démarches les plus fructueuses de Donald Trump sont les spéculations de ses proches sur les marchés financiers. Si les déclarations chaotiques du président et leur orientation sont connues à l’avance par les élus de la richesse mal acquise, qu’est-ce qui les empêcherait alors de parier sur la hausse – ou selon les intentions capricieuses du président – sur la baisse des actions pétrolières? De cette façon, on peut « gagner » énormément d’argent.

La Constitution devrait tenir le pouvoir en laisse courte. Le Congrès seul devrait déclarer la guerre, contrôler les finances, limiter l'exécutif et rendre des comptes au peuple. Le président devrait exécuter les lois, non pas gouverner par décret, mener des guerres non déclarées ou servir de figure de proue à un empire. Les tribunaux devraient servir de garde-fou contre les abus de l’État, et non valider les pires excès de l’État sécuritaire national.

Chaque président moderne hérite des mêmes pouvoirs de guerre, des mêmes services secrets, du même appareil d’urgence, des mêmes systèmes de surveillance, des mêmes entreprises d’armement, des mêmes forces de police militarisées et de la même soif de pouvoir bipartisan sans responsabilité. Trump n’a pas créé le gouvernement de la guerre permanente. Il l’a hérité, nourri, agrandi, utilisé comme une arme et, comme tous ses prédécesseurs, en est devenu le champion.

Je ne veux pas justifier Trump, ici, mais simplement montrer qu’il a certes introduit son propre style, le « trumpisme », qui repose sur l’imprévisibilité et la rupture de toutes les traditions prétendument à la base du conservatisme. Cependant, les décisions géopolitiques majeures ne sont pas nécessairement prises à la Maison Blanche. Cette maison inconnue, où sont élaborés des plans de guerre, je la qualifierais, vu les intentions qui se profilent derrière ces décisions, de « Maison noire ». Elle n’a pas nécessairement besoin de se trouver sur le territoire des États-Unis.

* * *

Cet article est paru sur le blog de l’auteur world-scam.com

 

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mercredi, 20 mai 2026

Retour à Thucydide

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Retour à Thucydide

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/tornare-a-tucidide/

Xi Jinping parle d'une voix calme, froide, lucide. 

Il parle comme un Mandarín, ce qu’il est en réalité… mais il parle de Thucydide. 

Ce n’est pas peu. Parce que l’historien grec de « La guerre du Péloponnèse » nous appartient. En fait, dans notre tradition politique et culturelle, il devrait être, ou mieux encore, il doit être fondamental. 

71+Q45CmjYL._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgPas dans la tradition chinoise, cependant. Qui a d’autres références, d’autres traditions. D’autres classiques. 

Ainsi, si Xi Jinping fait référence, de façon explicite, à Thucydide, il y a une seule raison, et une raison bien précise: 

Se faire comprendre par l’interlocuteur. Qui, étant occidental, devrait bien connaître et comprendre Thucydide. En somme, l’avoir dans son ADN culturel. 

Et Xi Jinping parle très clairement, pour être un Chinois. Un Mandarín. 

Thucydide, dit-il, interprète la principale cause de la guerre du Péloponnèse comme étant la peur de Sparte face à la montée de la puissance d’Athènes. 

Une peur qui a conduit à une guerre très longue et épuisante. Pour les deux cités. Au point qu’elles sont devenues toutes deux la proie d’un ennemi extérieur: la Macédoine de Philippe et d’Alexandre. 

Si Sparte n’avait pas nourri une telle crainte, que Thucydide identifie au début du conflit, un résultat différent aurait été possible. Une coopération entre Sparte et Athènes, qui aurait permis un développement beaucoup plus harmonieux de toute la Grèce. 

Il parle de Thucydide, mais sa réflexion reste absolument chinoise. 

Et il envoie un message clair, non seulement à Trump, mais aussi aux États-Unis du futur. 

Personne ne tirerait profit d’un affrontement entre les États-Unis et la Chine, quelle que soit la conclusion provisoire qu’il pourrait avoir. 

Au contraire, une guerre entre les deux puissances mènerait le monde tout entier vers une dérive dangereuse. 

Il est donc préférable de tirer la leçon de Thucydide. 

Il y a de la place pour tous dans le monde. Vous, Américains, ne devez pas craindre notre croissance. Au contraire, nous pouvons coopérer pour l’intérêt mutuel. 

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Il parle de Thucydide, Xi Jinping, pour se faire comprendre clairement par l’interlocuteur. 

Mais il est dommage que celui-ci, Donald Trump, ne comprenne manifestement pas. Et ne connaisse pas Thucydide, la guerre du Péloponnèse, ni d’autres vieilleries de l’histoire. 

Trump sourit. Il sourit sans comprendre. Son Occident, qui est malheureusement aussi devenu le nôtre, n’a plus aucune mémoire du passé. 

Xi Jinping, cependant, l’a averti. 

Son sourire chinois est chargé de menace.

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mardi, 05 mai 2026

5000 soldats américains en moins en Allemagne: une goutte d’eau hors d'un océan 

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5000 soldats américains en moins en Allemagne: une goutte d’eau hors d'un océan 

Washington. Une bonne nouvelle – et une mauvaise. La bonne: après de nombreuses tentatives et annonces dans le passé, les États-Unis prennent enfin au sérieux la réduction de leur présence militaire en Allemagne. La mauvaise: seulement 5000 hommes seront retirés – bien que Trump ait annoncé davantage ce week-end. 

En Europe, environ 86.000 soldats américains sont actuellement stationnés, dont environ 39.000 en Allemagne. Moins 5000, cela représente toujours 34.000 soldats américains stationnés sur le sol allemand. Selon le ministre américain de la Défense Hegseth, le retrait devrait être achevé d'ici six à douze mois. La démarche a été justifiée par une révision approfondie des déploiements de troupes en Europe ainsi que par les besoins des zones d’opérations. 

Ce retrait fait suite à une critique acerbe du président américain Donald Trump à l’encontre du chancelier Friedrich Merz, en raison de sa position défavorable à l’attaque américano-israélienne contre l’Iran. Trump avait déjà voulu examiner la possibilité d’une telle démarche. 

Samedi, le président a réitéré et annoncé une réduction « significative » de la présence des troupes américaines en Allemagne. Lorsqu’on lui a demandé la raison, il a refusé de donner une explication claire, mais a précisé qu’une réduction encore plus importante était à venir, car l’engagement des États-Unis pour la sécurité européenne allait être diminué. « Nous allons drastiquement réduire nos effectifs. Et nous allons retirer beaucoup plus que 5000 soldats », a déclaré Trump devant des journalistes en Floride. 

Les indices se multiplient pour montrer qu’il s’agit encore une fois d’une décision typique de Trump, prise sur un coup de tête. « Nous ne savons pas quelles unités sont précisément affectées. Est-ce le noyau d’une brigade, une escadre aérienne ? », a déclaré l’ancien ambassadeur américain auprès de l’OTAN, Ivo Daalder, à Euronews. Une autre source américaine a confié à la plateforme: «Il n’y a pas de détails, parce que Trump a simplement inventé ce chiffre». Et encore: «Les 5000 militaires relèvent une estimation purement arbitraire, sortie de nulle part, pour marquer le coup dans sa dispute avec Merz ». 

Depuis des décennies, l’Allemagne sert les États-Unis comme plaque tournante de leur logistique militaire – et continuera de le faire. Même dans le récent conflit avec l’Iran, la logistique américaine en Allemagne a été essentielle pour les opérations militaires des Etats-Unis. Depuis la base aérienne de Ramstein, la coordination de toutes les missions de drones dans la région afro-asiatique est assurée. 

Déjà lors du premier mandat de Trump (2017-2021), celui-ci avait menacé de qu'il réduirait les effectifs de l'US Army en Allemagne de 12.000 soldats, en représailles à ce qu’il considérait comme des dépenses de défense allemandes trop faibles. Son successeur, Joe Biden, a stoppé ces plans. Lors de son second mandat, Trump a initialement rassuré le monde, mais il a ensuite réagi avec irritabilité face à l’attitude critique des Européens concernant la guerre en Iran. Cependant, rien ne changera fondamentalement avec le retrait désormais confirmé (mü).

Source: Zu erst, Mai 2026. 

mardi, 28 avril 2026

Crise iranienne: pourquoi il est encore trop tôt pour enterrer Trump

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Crise iranienne: pourquoi il est encore trop tôt pour enterrer Trump

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Friedrich Merz s’est exprimé sur la crise iranienne — et a surtout montré une chose: l’Europe ne craint pas seulement la guerre, mais aussi la perte de tout contrôle sur la stratégie américaine.

Merz affirme en substance que l’Iran « humilie » les États-Unis, que Washington ne dispose d’aucune stratégie claire, et que les Américains ne savent apparemment pas comment sortir de cette impasse. À première vue, cela ressemble à une analyse sobre. À y regarder de plus près, c’est surtout un signal politique.

Car, bien entendu, l’Europe a un intérêt massif à ce que le conflit avec l’Iran se termine le plus rapidement possible. Une guerre plus longue au Moyen-Orient toucherait l’Europe plus durement que les États-Unis. La hausse des prix de l’énergie, la fragilité des chaînes d’approvisionnement, la montée des coûts de sécurité et de nouvelles pressions sur le budget retombent principalement sur l’industrie européenne et les contribuables européens. Washington vend du pétrole et du GNL, l’Europe paie la facture.

C’est précisément ici que réside le cœur du problème: ce qui représente pour Bruxelles et Berlin un risque économique peut pour Trump devenir un levier stratégique. Trump agit comme un joueur qui rassemble les risques, déplace les marchés, met la pression sur ses adversaires et maintient la situation ouverte aussi longtemps que cela lui permet d’obtenir de nouvelles marges de négociation.

Premièrement : un conflit iranien prolongé procure aux États-Unis des avantages économiques. L’Europe a besoin d’énergie, les marchés réagissent nerveusement, le GNL et le pétrole deviennent alors des instruments géopolitiques. Washington en tire profit pendant que l’Europe paie. Les États-Unis détiennent le levier le plus fort.

Deuxièmement : le déplacement massif de moyens militaires vers le Moyen-Orient ne témoigne pas d’un manque de direction, mais d’une préparation. Une trêve serait, dans cette optique, non pas un signal de paix, mais une pause opérationnelle : faire le plein des stocks, repositionner les forces, créer des options.

Troisièmement : le conflit iranien offre à Trump une fenêtre pour se sortir de la guerre en Ukraine. Le message serait simple dans ce cas: si l’Europe exige une retenue américaine au Moyen-Orient, alors l’Europe doit aussi assumer la responsabilité en Ukraine. La formule «Ce n’est pas notre guerre» devient alors soudainement acceptable.

Pour Berlin et Bruxelles, cela constituerait un cauchemar. Car l’Europe s’est engagée très largement dans la stratégie ukrainienne, sans disposer des moyens militaires, industriels et politiques pour soutenir ce conflit de manière autonome.

Quatrièmement : un arc de crise permanent, allant du Moyen-Orient à l’Ukraine, affaiblit surtout les opposants de Trump au sein de l’establishment mondialiste. Ceux-ci doivent mobiliser en permanence de nouvelles ressources, stabiliser de nouveaux narratifs et justifier de nouveaux coûts. Pendant ce temps, Trump peut continuer à affirmer qu’il se débarrasse des charges héritées d’une politique interventionniste ratée.

Cinquièmement : au Moyen-Orient, ce ne sont pas seulement des lignes militaires qui se déplacent, mais aussi des actifs, des zones d’influence et des réseaux politiques qui perdent de leur valeur. Ceux qui survivent à une crise et disposent de liquidités achètent plus tard à bon marché. Là aussi, il s’agit de politique de puissance.

Pour l’Europe, c’est amer. Car l’UE s’est habituée à commenter les crises géopolitiques à l’aide de formules morales, alors que d’autres grandes puissances les utilisent comme instruments de puissance. En Europe, on parle de «valeurs», mais on paie en prix de l’énergie, en délocalisations industrielles et en trous dans le budget.

La véritable humiliation ne réside peut-être pas dans le fait que l’Iran dévoile la faiblesse des États-Unis. La vraie humiliation est que l’Europe, une fois de plus, parle d’une crise dont elle supporte les coûts, mais dont elle ne contrôle guère le déroulement.

Trump peut sembler fragilisé. Mais «fragilisé» ne veut pas dire «impuissant». Sa méthode politique consiste justement à transformer le chaos apparent en matière première pour la négociation.

En conclusion : ceux qui déclarent hâtivement que Trump est un  «canard boiteux» risquent de découvrir à la fin qu’ils n’ont été que des personnages dans un jeu dont les règles ont déjà été écrites depuis longtemps à Washington.

#géopolitique@affaires_globales_byelena

jeudi, 23 avril 2026

Cinq thèmes émergents pour l’Indo-Pacifique à la suite de la guerre de Trump contre l’Iran

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Cinq thèmes émergents pour l’Indo-Pacifique à la suite de la guerre de Trump contre l’Iran

Bill Emmott

Source: https://geoestrategia.eu/noticia/46136/defensa/cinco-tema...

« Ce n’est pas notre guerre ». Cette phrase, utilisée par certains dirigeants européens pour expliquer pourquoi ils ont refusé d’envoyer des forces afin de se joindre aux États-Unis et à Israël dans leurs attaques contre l’Iran, est devenue tristement célèbre à la Maison Blanche de Donald Trump et a gravement mis en danger l’avenir de l’alliance transatlantique.

Le conflit avec l’Iran n’est pas la guerre du Japon, ni celle d’aucun autre pays de la région de l’Indo-Pacifique. Cependant, tous sont affectés par cette guerre. Tous devront changer leurs attitudes et leurs hypothèses à la suite du conflit avec l’Iran, dans certains aspects peut-être mineurs, mais aussi et surtout dans d’autres, qui sont, eux, de grande importance.

Après les négociations infructueuses à Islamabad le 11 avril, le conflit n’est pas encore résolu, il est donc trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur les conséquences de la guerre avec l’Iran. La secousse radicale, qu’une guerre peut provoquer, peut disparaître tout aussi rapidement une fois que les bombardements cessent, ce qui explique probablement pourquoi les marchés financiers n’ont pas réagi avec la vigueur attendue. Ils espèrent que cette guerre sera courte.

Cependant, certains thèmes commencent déjà à émerger et indiqueront quels types de changements à long terme découleront probablement de la guerre avec l’Iran. Cinq questions sont déjà apparues clairement.

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1.

Le sujet le plus préoccupant à long terme est l’impact potentiel de cette guerre sur la prolifération des armes nucléaires. Le leader nord-coréen, Kim Jong Un, s’est vanté que, grâce au programme nucléaire développé avec succès par son père et son grand-père, son pays n’aurait pas été vulnérable au type d’attaque qu’a subi l’Iran.

Il est probable que de nombreux membres du régime iranien regrettent maintenant de ne pas avoir développé des armes nucléaires plus rapidement.

On pourrait argumenter que la guerre avec l’Iran découragera la prolifération nucléaire — car tenter de développer des armes nucléaires pourrait justifier une attaque américaine — et que si les administrations Clinton ou Bush avaient eu le courage d’attaquer la Corée du Nord durant les premières phases de son programme nucléaire, le monde serait un endroit plus sûr. Cependant, en réalité, il a toujours été trop dangereux d’attaquer la Corée du Nord, notamment en raison de ses liens étroits avec la Chine.

Dans la région de l’Indo-Pacifique, il existe déjà deux États dotés d’armes nucléaires: l’Inde et le Pakistan, en plus de la Chine et de la Corée du Nord.

Les débats récemment très ouverts dans les cercles officiels japonais sur la nécessité pour le Japon de dépasser son tabou nucléaire et de développer une capacité nucléaire reflètent probablement la crainte que d’autres pays, notamment la Corée du Sud, ne le fassent rapidement, ainsi que la crainte que la promesse américaine de « dissuasion étendue » — protéger les alliés sous leur propre parapluie nucléaire — ne soit plus suffisamment fiable.

2.

Un deuxième thème émergent est lié à cette dernière préoccupation: les questions qui surgissent suite à la guerre avec l’Iran sur la force et la fiabilité de la dissuasion menée par les États-Unis dans l’Indo-Pacifique face à la Chine, la Corée du Nord et la Russie.

La guerre des États-Unis contre l’Iran a mis en évidence la puissance et la sophistication des forces armées de la République islamique. Cependant, ce qui est surprenant, c’est qu’au cours d’une guerre contre un adversaire déjà très affaibli par les attaques israéliennes et américaines de juin de l’année dernière, l’armée américaine a épuisé aussi rapidement une grande partie des réserves de ses meilleures armes et systèmes de défense antimissile.

Si cela se produit après seulement quelques semaines de guerre contre un adversaire faible, jusqu’où la dissuasion américaine contre un adversaire beaucoup plus puissant, la Chine, peut-elle être fiable ?

De plus, la guerre en Iran a entraîné le transfert de navires, de régiments de la Marine américaine, de systèmes de défense antimissile et d’autres actifs de l'Indo-Pacifique vers le Moyen-Orient.

Les lacunes immédiates que ces transferts laissent ne sont pas la principale préoccupation, bien qu’aucun stratège militaire dans l’Indo-Pacifique ne puisse désormais ignorer la possibilité, aussi petite soit-elle, que la guerre avec l’Iran ait créé une opportunité que la Chine ou la Corée du Nord pourraient être tentées de saisir.

La principale inquiétude est que, malgré des dépenses militaires annuelles de près d’un billion de dollars américains, l’armée américaine semble très surchargée après une guerre aussi courte.

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De toute évidence, les préoccupations exprimées ces dernières années sur la capacité de production de défense aux États-Unis sont valides. Cependant, cela suggère aussi qu’une proportion trop importante des dépenses de défense américaines est consacrée à des coûts fixes, comme les bases militaires américaines partout dans le monde, et très peu à des actifs agiles et à des réserves stratégiques.

3.

Un troisième aspect de la guerre avec l’Iran est qu’elle a enseigné à de nombreux pays des leçons sur ce qui est réellement nécessaire en matière de défense contre les attaques de missiles et de drones à l’avenir. Les États du Golfe Persique — Émirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït et Arabie saoudite — ont été soumis à des attaques répétées de missiles et de drones iraniens, auxquelles leurs systèmes de défense existants n’ont pas pu répondre efficacement.

Une partie de la raison en est la pénurie mondiale de systèmes sophistiqués et coûteux d’interception de missiles utilisés dans les systèmes de défense Patriot et THAAD fabriqués aux États-Unis, une situation déjà mise en évidence par la guerre en Ukraine.

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Mais cela est aussi dû au fait que, jusqu’à présent, d’autres pays n’ont pas eu à apprendre de l’expérience de l’Ukraine, attaquée par des essaims de drones à faible coût. Désormais, la demande pour des systèmes de défense antidrones à la mode ukrainienne va exploser, et pas seulement dans le Golfe. Le Japon devrait également investir dans des défenses antidrones.

4.

Un quatrième thème évident est la nécessité de disposer de réserves et de chaînes d’approvisionnement diversifiées pour l’énergie et les minéraux critiques.

Au cours des dernières années, de nombreuses analyses ont été menées sur les « points de congestion » qui pourraient donner un avantage à l’une ou l’autre partie en cas de guerre, mais l’utilisation potentielle du détroit d’Ormuz à cette fin a été étonnamment minimisée ou même ignorée par les États-Unis. Pourtant, ce passage étroit partagé par l’Iran et Oman a longtemps été identifié comme un point de congestion, étant donné qu’y transite un cinquième du pétrole mondial annuel par des navires-citernes.

Désormais, après les négociations à Islamabad, le monde doit se préparer à un jeu de bluff entre Trump et l’Iran sur celui qui osera empêcher l’autre de contrôler le détroit. La déclaration de Trump selon laquelle des navires de guerre américains bloqueraient le détroit et empêcheraient la perception de péages équivaut à un défi à l’Iran pour qu’il tente de les arrêter. C’est un coup audacieux, mais aussi risqué, car cela pourrait intensifier la guerre une fois de plus.

Au-delà de cette question immédiate, la nécessité de diversifier les routes et les matières premières pour affaiblir les points critiques potentiels est une conclusion évidente qui découle de la crise d’Ormuz, tout comme celle d’investir dans des réserves stratégiques accrues de matières premières clés. Taïwan doit comprendre maintenant que ses réserves stratégiques encore faibles en énergie et autres stocks la rendent très vulnérable à un blocus chinois.

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Une grande partie des autres conséquences possibles dépendra de ce qui se passera ensuite dans cette guerre. Mais nous pouvons déjà discerner un cinquième thème: Donald Trump se met facilement en colère face à tout manque de soutien de la part des alliés des États-Unis, malgré le fait qu’il a passé une grande partie de l’année dernière à les insulter et à en abuser.

La guerre contre l’Iran a déjà augmenté les probabilités que Trump se retire de l’OTAN dans un accès de colère. Bien qu’il n’y ait pas actuellement de danger qu’il rompe avec les alliances américaines dans l’Indo-Pacifique, cette guerre a confirmé que le pouvoir aux États-Unis est très concentré entre les mains d’un seul homme: le président. Selon la Constitution américaine, il devrait quitter ses fonctions dans moins de trois ans, mais en attendant, il peut prendre de nombreuses décisions très personnelles.

Il n’est pas « notre » président, mais personne ne peut échapper aux conséquences de ses actes.

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samedi, 11 avril 2026

Trump, MAGA et la bataille pour l’avenir politique des États-Unis

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Trump, MAGA et la bataille pour l’avenir politique des États-Unis

Par Alexander Douguine

Le couple politique formé par Donald et Melania ressemble de plus en plus à l’intrigue de « House of Cards ». Y compris le fait que Melania préside une séance du Conseil de sécurité de l’ONU, comme cela était prévu dans « House of Cards ». Il y a de nombreuses raisons de remplacer le vieux fou fatigué par une femme belle et sensée. Et de publier les fameux fichiers...

Alex Jones, Candace Owens, Tucker Carlson et Megyn Kelly, ainsi que Thomas Massie et MTG, constituent le noyau de MAGA. Leur rupture avec Trump (et vice versa) n’est ni circonstancielle ni pragmatique, elle est idéologique. Ils incarnent l’essence même de pourquoi Trump a été élu. Ils ont été le quartier général.

Alex Jones, Candace Owens, Tucker Carlson et Megyn Kelly, ainsi que Thomas Massie et MTG, sont le véritable « America First ». En plus de Rand Paul. Ils sont devenus le véritable pouvoir. Ils représentent tout ce que le peuple aimait chez Trump. C’est Trump qui a trahi le peuple. Désormais, il ne compte plus que sur le soutien des sionistes.

Les sionistes (chrétiens ou antichristiques) faisaient partie de MAGA, ils étaient donateurs, sympathisants, spéculateurs, mais ils ne constituaient pas la base. Pas du tout. Aujourd’hui, ils gouvernent les États-Unis. Une minorité puissante qui affiche une audace sans limite. Mais la base n’est plus là. La base s’est éloignée de Trump de façon irréversible.

Si MAGA est mort, il devrait y avoir quelque chose de nouveau. Les pessimistes sont les sionistes sans avenir. L’avenir appartient à d’autres. Et nous voyons maintenant ces autres avec beaucoup plus de clarté.

Une nouvelle administration américaine est en train de se former. Autour du noyau ex-MAGA trahi par Trump. Plus tôt le peuple abandonnera ce vieil homme qui sombre et qui est totalement engagé, plus il aura de chances d’obtenir le billet pour l’avenir. C’est cela la vraie Révolution Conservatrice. Trump n’était qu’une première étape de celle-ci.

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Le point essentiel : la déception totale face à Trump et au sionisme déchaîné qui a détruit toute sa crédibilité n’est pas une raison suffisante pour embrasser les libéraux, les démocrates et les mondialistes. Il faut former une nouvelle coalition maintenant, sinon il sera trop tard.

La politique ne peut pas se réduire à un simple spectacle. Il y a une stratégie idéologique et géopolitique derrière. Le spectacle n’est qu’un outil pour promouvoir un certain agenda. Il ne peut pas remplacer la signification. La signification est toujours là. Le sionisme EST une signification. Il faut la nier. Voilà qui est génial. Qui est très bien. Mais, alors, propose la tienne.

Le sionisme aux États-Unis repose sur deux théologies politiques entrelacées :

- La vision suprémaciste du Grand Israël, du Troisième Temple, du Messie volontaire.

- La vision dispensationaliste de l’histoire, de la politique, des États et de l’échiquier de la fin des temps.

Ensemble, ces deux théologies forment un réseau puissant.

Le mondialisme libéral est une autre théologie politique: il prône l'individualisme radical, le fatras « woke », la fin de l’histoire, le Gouvernement Mondial, l'internationalisme, le postmodernisme, l'extermination des vestiges de la société traditionnelle (religion, famille, genre), la migration incontrôlée, le posthumanisme.

La théologie politique libérale et la théologie politique sioniste forment ensemble les deux piliers de l’État Profond ou de l’État Plus Profond (si l’on considère l’État Profond uniquement comme la théologie politique libérale). Le noyau initial de MAGA, rejeté par Trump, représente l’espace pour faire advenir UNE AUTRE THÉOLOGIE POLITIQUE.

Quelle pourrait être cette alternative à la théologie politique de l’État Profond ? Souveraineté, peuple, tradition, normalité, identité, continuer à être humain en opposition totale à ce que promeuvent les libéraux ou les sionistes. Russell Kirk, Paul Gottfried, Pat Buchanan, Samuel Francis, Richard Weaver, Ron Paul.

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Les critiques de Trump à l'égard de l'OTAN s'intensifient: l'article 5 est-il encore en vigueur?

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Les critiques de Trump à l'égard de l'OTAN s'intensifient: l'article 5 est-il encore en vigueur?

Markku Siira

Source: https://markkusiira.substack.com/p/trumpin-nato-kritiikki...

Le président américain Donald Trump participait à une réunion bilatérale avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial (FEM), le 21 janvier 2026 à Davos, en Suisse. Cette réunion annuelle des dirigeants politiques et économiques intervenait dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l'Europe sur toute une série de questions, notamment la promesse de Trump d'acquérir le Groenland, un territoire danois semi-autonome. 

Le second mandat du président Donald Trump a porté les tensions internes au sein de l'OTAN à un niveau sans précédent. Même si l'attitude critique de Trump envers l'alliance militaire n'est pas nouvelle, ses récentes déclarations indiquent un changement de nature: il ne s'agit plus seulement de se plaindre du déséquilibre des contributions financières, mais de remettre fondamentalement en question l'alliance dans son ensemble.

Selon Risto E. J. Penttilä, spécialiste en politique internationale, l'OTAN se trouve à nouveau en pleine crise suite aux dernières déclarations de la Maison Blanche. La nouveauté réside dans le fait que tant le président Trump que le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio parlent ouvertement d’une réorganisation des relations internationales dans le chef des Etats-Unis. Il ne s’agit pas de diplomatie habituelle envers les "alliés", mais, selon la description de Penttilä, d’une « crise conjugale dans les relations transatlantiques ».

Au cœur des dernières critiques de Trump à l'égard de l'OTAN se trouve l'attitude réticente des pays européens face à l'appel des États-Unis à participer à l'ouverture du détroit d'Ormuz pendant la guerre avec l'Iran. Trump estime avoir aidé l'Europe en Ukraine, et pense donc qu'il était désormais au tour de l'Europe de soutenir les États-Unis. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a qualifié l’attitude des Européens de « test qu’ils ont échoué ». Dans la vision cynique du monde de Trump, un tel comportement ne sera ni oublié ni pardonné.

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Les alliés européens des États-Unis n’ont pas condamné l’attaque américaine contre l’Iran, pas plus qu’ils n’ont condamné l’attaque russe contre l’Ukraine – alors qu’en Europe, celle-ci a été considérée comme une guerre d’agression illégale. Les alliés de l’OTAN n’ont même pas été informés à l’avance de la planification opérationnelle. Si l’OTAN est une alliance de défense, pourquoi ses membres devraient-ils soutenir les États-Unis dans une opération bafouant le droit international, dans laquelle le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a entraîné Trump ? Pourquoi les règles applicables à la Russie ne s’appliquent-elles pas à tous les pays ?

Dans les cercles euro-atlantiques, l'idée se renforce que les États-Unis ne sont plus aussi déterminés à défendre l'Europe – et en particulier les pays limitrophes de la Russie. L'article 5 de l'OTAN, selon lequel une attaque contre un État membre est une attaque contre tous, est la pierre angulaire de l'alliance depuis la guerre froide.

Si la fiabilité de ce mécanisme automatique venait à s’effriter, l’OTAN se transformerait essentiellement en une plateforme de coordination où la coopération européenne serait mise en avant et où la puissance militaire américaine ne servirait plus que de moyen de dissuasion potentiel – et non plus de garant de sécurité certain.

Une théorie marginale mais politiquement intéressante s'inscrit dans ce contexte: Trump souhaiterait retirer les États-Unis de l'OTAN, car après la guerre avec l'Iran, la prochaine cible potentielle d'Israël pourrait être la Turquie – un pays membre de l'alliance militaire. Dans ce cas, l'article 5 de l'OTAN serait considéré comme un obstacle stratégique à toute attaque israélienne.

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Pour l’administration Trump, Israël est un partenaire nettement plus important que la Turquie, et dans un contexte plus large, le rêve sioniste d’un « Grand Israël », auquel s’ajouteraient des territoires de Syrie, du Liban, d’Égypte, de Jordanie, d’Irak, d’Arabie saoudite et de Turquie, refait surface.

Les tensions entre Israël et la Turquie se sont considérablement intensifiées ces dernières années. Le ministre israélien de la Diaspora, Amichai Chikli, a qualifié le président turc Recep Tayyip Erdoğan de « fondamentaliste islamiste » et a décrit la Turquie comme un « nouvel Iran ».

Une rhétorique similaire a également été renforcée dans une récente analyse du Jerusalem Post, qui considère la Turquie comme une menace croissante pour l’Occident et Israël – une sorte de successeur de l’Iran en tant que perturbateur régional, soutenant le Hamas et remettant en cause l’unité de l’OTAN.

Erdoğan a quant à lui qualifié les actions d’Israël à Gaza de génocide et a émis un mandat d’arrêt contre le Premier ministre Netanyahou. Israël a renforcé sa coopération en matière de défense avec la Grèce et Chypre, rivaux traditionnels de la Turquie.

Derrière les menaces publiques d’Israël pourrait également se cacher une volonté stratégique de renforcer la position politique intérieure d’Erdoğan. Au sein du Parlement turc, le président a été critiqué pour avoir maintenu une coopération pratique avec Israël, contrairement à sa rhétorique publique.

Les dernières données du Bureau central des statistiques israélien montrent que la Turquie a exporté vers Israël pour plus de 924 millions de dollars de marchandises en 2025. Les échanges commerciaux se sont poursuivis – en partie via des pays tiers et grâce à des pratiques statistiques contestables. Ce décalage entre les discours et les actes rend improbable une rupture totale.

Une théorie spéculative concernant une éventuelle attaque d'Israël contre la Turquie – soutenue par les États-Unis en dehors du cadre de l'OTAN – illustre toutefois une dynamique plus large: l'administration Trump ne considère pas l'OTAN comme une alliance de défense sacrée, mais comme un outil dont on peut se passer si nécessaire, s'il ne sert plus les intérêts de sécurité des États-Unis ou de leurs alliés proches.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, qui a déjà surnommé Trump « papa », a qualifié sa rencontre à la Maison Blanche de « franche et ouverte ». Cette formulation diplomatique adoucit probablement le ton irrité du président. Rutte a déclaré comprendre la déception de Trump, mais a souligné que de nombreux pays européens avaient aidé les États-Unis contre l’Iran – par exemple en mettant leurs aéroports à la disposition des bombardiers.

Les États-Unis ne se retireront sans doute pas complètement de l’OTAN – Trump ne pourrait d’ailleurs pas prendre une telle décision seul –, mais la question du redéploiement des troupes a déjà été évoquée lors des discussions : des soldats pourraient être transférés d’Allemagne vers la Roumanie, par exemple, et vers d’autres pays, ceux qui se sont montrés les plus fidèles à Trump.

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Bien que l’OTAN ait été confrontée à des tempêtes répétées au cours du second mandat de Trump – les menaces d’annexion du Groenland en étant l’exemple le plus grave –, les acteurs euro-atlantiques espèrent que l’alliance s’en sortira, même si ce n’est plus sous sa forme actuelle. Certains s’attendent à ce que la situation se normalise sous le mandat du prochain président américain.

Une architecture de sécurité à bâtir entre la Russie et l’Europe étant, dans la situation actuelle, une option totalement exclue, l’OTAN de demain pourrait être plus européenne et moins dépendante des garanties de sécurité américaines. Le poids symbolique et opérationnel de l’article 5 s’affaiblit, laissant place à une coopération plus ponctuelle et fondée sur les intérêts. Ce changement pourrait s’avérer l’héritage transatlantique le plus marquant du second mandat de Trump.

mercredi, 08 avril 2026

Iran. Trump prend ses distances avec Netanyahu et les néoconservateurs et accepte la trêve

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Iran. Trump prend ses distances avec Netanyahu et les néoconservateurs et accepte la trêve

C'est la Chine qui a soutenu les efforts diplomatiques de son allié le Pakistan, fer de lance des pays ayant tenté de mettre fin à cette folie, grâce aux relations entre Islamabad et les Gardiens de la révolution.

par Davide Malacaria

Source: https://www.piccolenote.it/mondo/iran-trump-si-sgancia-da...

Le cessez-le-feu a été accueilli avec un soulagement quasi mondial, où l'adverbe «quasi» a son importance, mais pas aujourd’hui, jour où l’Armageddon s’est évaporé. La Chine a joué un rôle décisif, a déclaré Trump à juste titre. Pékin, en effet, était le convive de pierre durant cette guerre, puisqu’on voulait affaiblir la Chine en frappant le cordon ombilical qui la lie au Moyen-Orient, même si l’impulsion décisive est venue de Netanyahou, dans son rêve de démolir l’antagoniste régional pour faire d’Israël une puissance mondiale.

En effet, c’est la Chine qui a soutenu les efforts diplomatiques de son allié le Pakistan, fer de lance des pays qui ont tenté de mettre fin à cette folie, grâce aux relations entre Islamabad et les Gardiens de la révolution. Un travail qui a finalement produit les résultats escomptés, notamment grâce à un élément qui semblait hors du champ de cette guerre, mais qui avait un poids décisif.

Un facteur passé sous silence, mais qui existait bel et bien, au point de surgir de temps à autre ces derniers jours comme une possibilité, même si elle semblait lointaine; une possibilité qui a explosé hier dans tout son potentiel catastrophique, lorsque Trump a menacé de «rayer la civilisation» iranienne de la carte.

Des mots que beaucoup ont imaginé, à juste titre, comme préludant à l’utilisation de la bombe atomique. Il en était ainsi: l’Empereur, au nom de l’establishment impérial, le véritable Pouvoir, autre que l’administration américaine provisoirement aux commandes, a averti, en des termes inacceptables (le pape Léon a tranché définitivement sur le sujet), que la poussée vers l’utilisation du nucléaire était irrépressible.

L’Amérique, en effet, peut accepter une défaite à la manière de l’Afghanistan, résorbable d’une manière ou d’une autre, mais pas une défaite stratégique catastrophique, de nature à marquer le déclin irrévocable de son hégémonisme, de son destin manifeste, si le conflit s’était poursuivi.

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Toutes les options susceptibles d’apporter à l'Empire une victoire, ou un semblant de victoire, ayant échoué ou été écartées – le changement de régime, l’invasion de l’île de Kharg, le prélèvement d’uranium enrichi –, il ne restait plus que l’option atomique, qu’elle soit américaine ou israélienne.

C’est pourquoi la médiation pakistanaise était nécessaire, car c’est le seul pays islamique capable d’opposer à la bombe atomique de l'hegemon une force de dissuasion équivalente, limitant ainsi le risque d’un conflit mondial sous-tendu par une dissuasion chinoise ou russe.

Une dissuasion non brandie, celle du Pakistan, tout comme l’arme atomique de la partie adverse n’a d’ailleurs pas été explicitement brandie, mais qui a eu un poids, et quel poids, car, même si elle est insignifiante par rapport à la puissance américaine, elle ne l’est pas par rapport à cet allié du Moyen-Orient que l’Empire, du moins à ce jour, doit protéger à tout prix, comme le montre d’ailleurs l’agression contre l’Iran.

Ainsi, la déclaration insensée de Trump hier était, à sa manière (une manière tout à fait exécrable), un ensemble de choses: un ultimatum, évidemment, mais aussi une alerte et, en même temps, une hallucination rhétorique pour afficher sa servilité envers l’establishment et ainsi éviter ses foudres tandis que, en coulisses, il cherchait une issue par des voies confidentielles (à propos de médiations en coulisses: il y a quelques jours, le chef des services de renseignement russes, Sergueï Narychkine, a déclaré que son agence était en contact avec la CIA au sujet de l’Iran…).

Trump n’a eu d’autre choix que d’accepter, comme base de négociation, la proposition iranienne, en la faisant passer pour une victoire: 10 points sur lesquels les délégations des deux pays devront négocier dans les prochains jours. Une capitulation, mais aussi une victoire, non pas sur l’Iran, dont la résilience a prévalu, mais sur Netanyahou et les néoconservateurs, dont il a finalement réussi à se dégager.

La colère de Netanyahou en est la preuve: il s’est immédiatement lancé dans une campagne de sabotage en affirmant que la trêve ne concernait pas le Liban, alors qu’il est inclus dans les 10 points (un point critique que les négociations devront aborder). Mais cela se voit aussi dans la manière dont les médias de l'hegemon, le New York Times et le Washington Post, ont rendu compte de la nouvelle du cessez-le-feu: malgré son importance quasi historique, ils y ont accordé peu d’importance et ont utilisé un ton modéré.

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Le NYT se distingue particulièrement à cet égard, surtout parce qu’il a été le média de l’establishment le plus critique à l’égard de la guerre. Voici son commentaire déconcertant: «L’accord laisse un gouvernement théocratique, soutenu par le brutal Corps des Gardiens de la révolution islamique, à la tête d’une population intimidée et martyrisée par les missiles et les bombes [comme s’il s’agissait d’engins iraniens… sic]… Il laisse intact l’arsenal nucléaire iranien, y compris les 440 kilogrammes de matière quasi-nucléaire qui, en théorie, constituaient le casus belli de la guerre».

Trump doit «prouver aux États-Unis et au monde entier que ce conflit valait la peine d'être engagé. Et pour ce faire, il devra prouver qu’il a éliminé l’emprise iranienne» sur le détroit d’Ormuz et «la possibilité que l’Iran puisse un jour construire une arme nucléaire […] s’il ne parvient pas à obtenir un accord pour que l’Iran limite la taille de son arsenal de missiles entamé ou la portée de ses missiles, il aura échoué».

Un cri de douleur, donc. Ce n’est pas pour rien que, dans la conclusion, Richard Fontaine, PDG du Center for a New American Security et ancien collaborateur de feu le sénateur John McCain, figure de proue des néoconservateurs, tire la sonnette d’alarme: «Peut-être que tout ira bien. Mais il est possible que la situation, pour les États-Unis et pour le monde entier, soit pire qu’avant». Tout comme si l’on devait à nouveau attaquer l’Iran, comme si de rien n’était…

Si nous mettons en évidence la réaction des médias pacifistes de l’establishment américain, c’est pour souligner à quel point le pouvoir de l’Empire se passe de l’Empereur et de ses tragiques contradictions. Et qu’aujourd’hui, malgré le passé, s’il y a une chance que les négociations aboutissent, cela dépend davantage du fou de Trump et de ceux, au sein de son administration, qui ont poussé dans ce sens – à commencer par J.D. Vance – que de l’establishment qui, jusqu’à présent divisé entre partisans et détracteurs, est prêt à faire front commun pour faire capoter les négociations de concert avec Netanyahou.

Note en marge. Hier, le Hezbollah libanais a libéré une journaliste américaine enlevée il y a quelques jours, signe que les négociations avançaient. Hier également, la Maison Blanche a fait l’éloge du secrétaire à l’Armée Dan Driscoll, proche de Vance, dont on disait qu’il allait démissionner, une information que l’intéressé n’a démentie qu’après ces louanges… l’équipe favorable aux négociations tient bon.

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jeudi, 02 avril 2026

Discours de Trump à l’idiocratie - Une machine de guerre guidée par la décadence et l’illusion

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Discours de Trump à l’idiocratie

Une machine de guerre guidée par la décadence et l’illusion

Alexander Douguine

Alexander Douguine sur l’empereur-clown et la machine de guerre délirante.

Trump a prononcé son adresse à la nation. Elle fut brève. Il paraissait pitoyable et brisé. Ses joues étaient tombantes; ses paupières gonflées. Il avait visiblement décliné. Pourtant, en même temps, il menaçait l’Iran de poursuivre la guerre. Le calendrier a changé; il s’agit désormais d'une guerre de plusieurs années. Une opération terrestre est plus que probable, bien que Trump ne l’ait pas encore annoncée ouvertement. Pour l’instant, utilisant presque exactement les mêmes mots qu’Hillary Clinton avait employés à propos de la Libye, il a promis de «bombarder l’Iran pour le ramener à l’âge de pierre, là où il doit rester». Il est difficile de dire à quel «âge» appartient la civilisation de Jeffrey Epstein, surtout puisque, en Occident, les grandes époques et périodes de déclin total semblent avoir été confondues et ré-interprétées. Pire, ce que nous observons aujourd’hui ressemble à une idiocratie.

Les commentaires sur le discours de Trump sur les réseaux sociaux sont en grande majorité moqueurs, sarcastiques et négatifs, à l’exception de tentatives désespérées de bots cherchant à atténuer ce fiasco épique, répétant des louanges identiques et maladroitement formulées.

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La très grande majorité des anciens partisans de Trump déclarent ouvertement que «le vieux a perdu la tête» («il n’est plus là»). De courtes vidéos comparant Trump à Boris Eltsine — présentant Trump comme une honte pour l’Amérique et Eltsine comme une honte pour la Russie — apparaissent de plus en plus souvent; dans ces vidéos, les deux semblent danser et gesticuler. Au passage, il faut reconnaître à Trump qu’il ne boit pas d’alcool. Seulement du Coca Light. Ses vices sont d’une autre nature. Beaucoup aux États-Unis sont convaincus que, ayant été pris dans les rets d'Epstein et des services secrets israéliens, il est devenu victime d'un chantage et a ainsi lancé la guerre contre l’Iran, qu’il est désormais forcé de poursuivre contre toute logique, malgré l’absence totale de tout désir de combattre parmi le public américain.

Trump a également déclaré que la santé, le coût de la vie et la sécurité alimentaire ne sont pas ses préoccupations. Sa préoccupation, c’est la guerre. Voilà ce que dit ce «président du monde entier».

Il a été élu sur des promesses strictement opposées.

En résumé, le discours de Trump équivaut à un fiasco politique et psychologique complet sur fond d’escalade vers une grande guerre. Cela ressemble de plus en plus à une Troisième Guerre mondiale.

Les États-Unis (représentés par Trump seul et le groupe de fanatiques sionistes qui l’entourent) cherchent à mener une guerre pour Israël contre l’Iran, tandis que les dirigeants européens concentrent leurs efforts contre la Russie. L’OTAN est fracturée, mais la paix semble avoir été oubliée par presque toutes les parties de l’Occident collectif, aujourd'hui fissuré, sinon brisé.

Que nous le voulions ou non, nous, Russes, sommes aussi, des participants à cette guerre mondiale — sur notre front ukrainien.

Dans une guerre à grande échelle, il ne faut jamais sous-estimer l’adversaire, aussi pitoyable qu’il puisse parfois paraître. Il faut augmenter sa propre force rapidement et par tous les moyens. Aussi dégradé que puisse paraître Trump lui-même, les États-Unis restent une puissance militaire redoutable. Et les pays européens de l’OTAN restent un adversaire assez sérieux. Par conséquent, pour la Russie, malgré toutes nos intentions pacifiques, il n’y a pas d’autre option que de combattre — de vraiment combattre, pas à moitié. Nos ennemis (si ce ne sont pas ceux-ci, ce seront d’autres) ont l’intention de mener la guerre longtemps et avec une grande férocité, y compris contre nous. Cela ne peut être ignoré, et tout discours ou rêve de paix doit être reporté à un futur indéfini.     

Paix ou guerre, paix ou guerre, paix ou guerre ? Guerre ! Liberté ou mort, liberté ou mort, liberté ou mort ? Guerre !

— Egor Letov

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lundi, 23 mars 2026

Que vise la cyberstratégie de Trump en 2026?

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Que vise la cyberstratégie de Trump en 2026?

Leonid Savin

La doctrine néoconservatrice «Qui n’est pas avec nous est contre nous» dans le cadre de l’Internet global

En mars, le texte de la nouvelle cyberstratégie nationale des États-Unis a été publié. D’ailleurs, la page de couverture porte le titre: «Cyberstratégie de Donald Trump pour l’Amérique». Il est peu probable que le président des États-Unis possède les compétences nécessaires pour comprendre toute la complexité de l’infrastructure cybernétique critique du monde; et avec l’agression déclenchée contre l’Iran, il a déjà montré ses faiblesses. Ce document n’a fait que révéler, une fois de plus, le complexe de narcissisme pathologique du chef actuel des États-Unis. Ainsi que ses plans expansionnistes, puisqu’il y est affirmé que la domination des États-Unis sera établie dans le cyberespace. Auparavant, cela était désigné comme la dernière frontière à conquérir et à organiser. Il semble que Trump ait décidé d’endosser cette mission.

«Le cyberespace est né en Amérique», indique le début du document, qui ne fait que cinq pages, suggérant que les États-Unis ont pleinement le droit de dominer cette zone virtuelle spécifique et d’y instaurer leurs propres règles.

Il est dit que "contrairement aux autres administrations, l’administration Trump ne se limitera pas à des mesures partielles et des stratégies ambiguës qui ignorent le nombre croissant et la gravité des cybermenaces". "Le président Trump continuera à combattre directement les menaces dans le cyberespace. L’Amérique dispose d’innovations technologiques et économiques inégalées, d’une puissance militaire sans égale et d’une société attachée à la liberté et à l’expression ouverte".

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Le texte poursuit en évoquant les cybercriminels qui causent des dommages à l’économie (mais ils ne le font pas qu’aux États-Unis), avec la promesse de les combattre. En réalité, ces criminels fictifs sont manifestement politisés, puisqu’il est immédiatement précisé que les actions des États-Unis visent non seulement à rechercher et à bloquer l’argent volé aux citoyens américains, mais aussi à mener «une opération pour détruire l’infrastructure nucléaire de l’Iran ou à laisser nos adversaires aveugles et désemparés lors d’une opération militaire impeccable comme celle qui a permis de traduire en justice le narcoterroriste international Nicolás Maduro».

L’aveu de l’utilisation d’outils cybernétiques lors de l’opération contre le président démocratiquement élu du Venezuela et dans l’agression contre l’Iran, qui se poursuit encore aujourd’hui, est un signal clair adressé à d’autres États, en particulier à ceux désignés comme adversaires et à ceux qui figurent sur la liste des menaces pour les États-Unis (la Russie y est présente depuis près de 20 ans). D’ailleurs, le commandement cybernétique américain avait déjà reconnu avoir mené à plusieurs reprises des opérations avancées contre la Russie, notamment en aidant l’Ukraine.

Il est ensuite déclaré ce qui s’inscrit dans l’oxymore bien connu depuis l’occupation de l’Irak en 2003: la «défense préventive» – attaquer sous prétexte de se défendre: «Notre détermination est absolue. Nous agirons rapidement, de manière réfléchie et en anticipant, afin de neutraliser les cybermenaces contre l’Amérique. Nous ne limiterons pas nos actions à la sphère “cyber”. Nous déploierons des efforts sans précédent, de façon coordonnée et cohérente au sein du gouvernement américain. En travaillant avec nos alliés à travers le monde, nous défendrons les intérêts et la sécurité des États-Unis. Nous lutterons contre la limitation de la liberté d’expression. Nous vaincrons les adversaires qui vendent une intelligence artificielle “bon marché” et des technologies numériques intégrant la censure, la surveillance et des préjugés idéologiques… Nos adversaires ressentent et ressentiront de plus en plus les conséquences de leurs actes; nous démantèlerons leurs réseaux, traquerons les hackers et espions, et sanctionnerons les entreprises étrangères de hackers illégaux. Nous exposerons et embarrasserons l’espionnage en ligne, la propagande destructrice et les opérations d’influence, ainsi que les activités subversives de nature culturelle. En réprimant les campagnes cybernétiques des adversaires et en rendant nos réseaux plus sûrs et résilients, nous stimulerons l’innovation, accélérerons la croissance économique et assurerons la domination des technologies américaines. Nous abrogerons les réglementations lourdes et inefficaces pour permettre à nos partenaires industriels de mettre rapidement en œuvre de nouvelles technologies. Les partenaires du secteur privé doivent être capables de répondre et de se rétablir rapidement, afin d’assurer la continuité de l’économie américaine. Nous protégerons nos systèmes fédéraux, notre infrastructure vitale et nos chaînes d’approvisionnement, en plaçant la sécurité au cœur de l’innovation. Nous moderniserons nos systèmes d’information pour que l’ancienne infrastructure ne freine pas l’innovation. Nous agirons sur la scène internationale par la diplomatie, le commerce et des opérations, pour que les normes et standards reflètent nos valeurs. Nous mettrons à profit les talents et l’inventivité immenses de notre base de recherche privée. Nous établirons un nouveau niveau de relations entre les secteurs public et privé pour protéger l’Amérique en temps de paix comme en temps de guerre».

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Derrière ces phrases pompeuses se cache en réalité le désir banal d’empêcher toute concurrence loyale, car tout produit alternatif dans le domaine des technologies de l’information sera déclaré manœuvre ennemie, contre laquelle on luttera immédiatement par tous les moyens possibles (c’est-à-dire par une guerre hybride, y compris des moyens cinétiques). Et c’est un nouveau mensonge, car c’est justement aux États-Unis que sont développés et continuent d’être développés des mécanismes de censure dans l’espace Internet.

Le plan d’action comprend six points. Quatre d’entre eux concernent le développement de la production de haute précision et des investissements aux États-Unis, visant à développer les infrastructures critiques. Le cinquième concerne la chaîne d’approvisionnement et l’introduction des outils les plus récents, tels que l’intelligence artificielle et la cryptographie post-quantique. Il est également question de l’introduction de l’intelligence artificielle agentielle pour scanner les réseaux et de la cyberdiplomatie, c’est-à-dire de l’imposition, à d’autres pays et d'autres peuples, de logiciels produits aux États-Unis. Bien entendu, au nom de la démocratie mondiale et de la prospérité. Et s’ils refusent, ils seront inscrits sur la liste des adversaires, avec les conséquences correspondantes.

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Le sixième point concerne les ressources humaines et le développement des talents, afin de «combiner et utiliser les avantages des capacités existantes dans les milieux universitaires, les établissements professionnels et techniques, les entreprises et les possibilités du capital-risque — pour former et recycler nos employés existants dans le domaine de la cybersécurité dans divers secteurs et professions, ainsi que pour attirer la prochaine génération dans le développement et le déploiement de cybertechnologies et de solutions avancées ». Cela concerne l’industrie, les scientifiques, le gouvernement, les militaires.

En principe, la stratégie ne révèle pas de nouveaux horizons qui seraient fantastiques. Elle ne fait que confirmer le caractère agressif de la politique américaine et son intention d’établir une surveillance totale et un monopole dans le cyberespace.

Voir: https://fondsk.ru/news/2026/03/22/chto-nesyot-kiberstrate...

19:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : donald trump, cyberstratégie, états-unis | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 18 mars 2026

"Bouclier des Amériques", narcocartels et le nouveau bâton de l’Oncle Sam

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"Bouclier des Amériques", narcocartels et le nouveau bâton de l’Oncle Sam

Leonid Savin

La semaine dernière, deux événements ont eu lieu à Miami, sur la base du Commandement Sud des États-Unis, à la suite desquels la zone d’influence réelle des États-Unis dans l’hémisphère occidental a été étendue, grâce à l’accord des partenaires participants à la nouvelle initiative de Washington.

Le jeudi 5 mars, un sommet de lutte contre les cartels s’est tenu au niveau des ministres de la Défense de plusieurs pays d’Amérique latine et des Caraïbes. Et le samedi 7 mars, un sommet intitulé « Bouclier des Amériques » (Shield of the Americas) a réuni, au niveau des chefs d’État, les dirigeants sur les questions de sécurité régionale.

southern-spear.gifLa coalition des « Amériques » contre les narcocartels a été formée et une déclaration commune a été signée le 5 mars. Le secrétaire américain à la Défense, Peter Hegseth, a déclaré lors de la cérémonie que les trafiquants de drogue étaient de plus en plus dissuadés par la campagne américaine d’attaques contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue, campagne lancée en septembre dernier. Depuis le début de l’opération, connue sous le nom d’« Opération Southern Spear », les forces armées américaines ont attaqué au moins 44 navires dans les eaux de l’océan Pacifique oriental et des Caraïbes.

Dans les propos tenus, on note une tentative manifeste de légitimer rétroactivement ces frappes, et en même temps, le mot « soupçonnés » indique l’absence de justification nécessaire à la décision de frapper. Après tout, un suspect n’est pas nécessairement coupable. Ainsi, les États-Unis violent ouvertement la présomption d’innocence et comptent bien continuer à le faire, en entraînant d’autres pays dans leurs sales affaires, déplaçant ainsi la responsabilité sur eux.

Le 7 mars, une déclaration de Donald Trump est également apparue sur le site de la Maison Blanche, déclarant que:

« (1) Les cartels criminels et les organisations terroristes étrangères dans l’hémisphère occidental doivent être démantelés dans toute la mesure permise par la loi applicable.

(2) Les États-Unis et leurs alliés doivent se coordonner pour priver ces organisations de tout contrôle territorial et d’accès aux financements ou ressources nécessaires à leurs campagnes de violence.

(3) Les États-Unis formeront et mobiliseront les forces armées des pays partenaires pour constituer la force de frappe la plus efficace possible, afin de démanteler les cartels et leur capacité à exporter la violence et à exercer leur influence par l’intimidation organisée.

(4) Les États-Unis et leurs alliés doivent tenir les menaces extérieures à distance, y compris les influences étrangères néfastes qui sont extérieures à l’hémisphère occidental. »

En résumé, bienvenue dans la mauvaise époque de la seconde moitié du 20ème siècle, lorsque Washington menait les opérations du Plan Condor en Amérique latine et formait le personnel des juntes régionales à la School of the Americas. Sauf que désormais, la liste des « organisations terroristes » sera élargie au gré (et selon les intérêts) de Washington. Outre le Hezbollah libanais et toute organisation liée à l’Iran, elle pourrait bien inclure des entreprises chinoises, que les États-Unis cherchent activement à évincer de l’hémisphère occidental.

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Il convient également de noter qu’il n’y avait que 12 pays à la réunion avec Trump, et non 17 comme indiqué sur le site web, ce qui est d’ailleurs visible sur la photo officielle du sommet : il s’agit de l’Argentine, la Bolivie, le Guyana, le Honduras, la République dominicaine, le Costa Rica, le Panama, le Paraguay, le Salvador, Trinité-et-Tobago, le Chili et l’Équateur. La présence des chefs de ces États montre qui applique et appliquera la voie tracée par Washington dans son pays dans un avenir proche.

Il est également significatif que ni le Mexique ni la Colombie, pourtant célèbres pour leurs narcocartels, n’aient participé aux deux sommets. Bien que cela constitue un signal clair de l’indépendance souveraine de ces deux pays, il existe néanmoins un risque qu’un Donald Trump mentalement instable le prenne comme une insulte personnelle et accentue la pression sur les gouvernements mexicain et colombien, d’autant plus qu’ils s’orientent à gauche.

imdtcubaages.jpgLors de son discours du 7 mars, Trump a également évoqué Cuba, déclarant une fois de plus que l’île allait « tomber bientôt » parce que son économie y était détruite, et qu’il s’en occuperait après l’Iran. Toutefois, Cuba ne partage pas cet avis et estime que les sommets de Miami devraient être condamnés.

Le président cubain Miguel Diaz-Canel a réagi à cet événement en ces termes: «Le petit sommet réactionnaire et néocolonial en Floride, convoqué par les États-Unis avec l’aide des gouvernements de droite de la région, les oblige à accepter l’usage mortel de la force militaire américaine pour résoudre des problèmes internes et maintenir l’ordre et la tranquillité dans leurs pays. Il s’agit d’une tentative de remettre en cause l’idée de faire de l’Amérique latine et des Caraïbes une zone de paix, une attaque contre les aspirations à l’intégration régionale et une soumission aux intérêts du puissant voisin du nord, conformément aux principes de la doctrine Monroe». 

Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a ajouté que le seul résultat public fut la signature d’un document «servile et malhonnête» évoquant l’utilisation de la force militaire américaine comme instrument répressif contre les cartels criminels et pour réprimer les problèmes internes et frontaliers.

Enfin, le mécontentement grandit également au sein des pays eux-mêmes, devenus otages de la politique américaine, à l’égard de leurs propres dirigeants actuels. Voici, par exemple, ce qu’écrit la publication El Periodico du Panama à propos des résultats du sommet: «Le Traité de neutralité permanente entre les États-Unis et le Panama, qui interdit la présence de bases militaires étrangères sur le territoire national, a été annulé… On peut comprendre les États-Unis, leur position et leurs revendications d’hégémonie et de contrôle, mais voir des gouvernements qui ne reculent devant aucune concession, qui font montre d'un vassalisme honteux qui fleure la trahison, provoque un sentiment de douleur, surtout pour nous, Panaméens, qui avons fait preuve d’un nationalisme militant qui les a fait reculer… nous avons chassé les bases gringo de notre territoire, tout comme nous avons fermé la School of the Americas, qui formait tous les putschistes militaires de la droite fasciste, qui ont détruit la démocratie de nos peuples et établi des régimes de terreur sur tout le continent à une autre époque où sévissait déjà ce vassalisme. Dans le passé, la nation panaméenne, toute la population patriotique, est descendue dans la rue et a dit au gouvernement gringo que le canal de Panama appartient au Panama, et que la présence militaire américaine viole la souveraineté, le traité Torrijos-Carter et notre Constitution politique… Nous vivons des temps difficiles sous l’égide d’un régime oligarchique de droite qui n’a aucune honte nationale et considère comme allant de soi un vassalisme qui insulte la mémoire de tous les patriotes de notre histoire… »

On peut supposer que d’autres États vassaux voient aussi grandir leur insatisfaction face à la nouvelle infiltration de la machine militaire américaine sur leurs territoires nationaux.

Source originelle: https://orientalreview.su/2026/03/12/shield-of-the-americas-narcocartels-and-new-stick-of-uncle-sam/

jeudi, 12 mars 2026

Trump est un «chrétien sioniste fondamentaliste»

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Trump est un «chrétien sioniste fondamentaliste»

Pierre-Emile Blairon

Tout comme 50 millions d’Américains car, oui, 50 millions d’Américains se réclament de ce mouvement religieux, ce qui n’est pas rien pour un pays de 350 millions d’habitants.

Trump ne changera pas, il a dans son ADN la poursuite du rêve d’hégémonie américaine sur la planète et n’acceptera jamais de voir les États-Unis d’Amérique relégués derrière les BRICS.

Trump suit exactement son modèle biblique: c’est le rêve sioniste du «Grand Israël» étendu à l’échelle de la planète: pour Trump, le «Peuple élu», c’est moins l’Israël sioniste que les Américains du «Nouveau Monde» !

La scène de la Cène

Tout le monde a vu cette photo, ou cette vidéo, de Trump assis à son bureau, le visage baissé et la mine contrite comme s’il s’apprêtait à être lavé de tous ses péchés, ce jeudi 5 mars 2026.

Autour de lui, debout, les mains posées sur son crâne élégamment parcouru d’une vague blonde décolorée, une vingtaine de prédicateurs se pressent, rameutés en urgence des quatre coins du pays afin de constituer un égrégore qui, grâce à ses prières extatiques, serait susceptible de permettre à Trump de gagner sa guerre contre le « Mal ».

Le Mal est représenté en l’occurrence par les méchants Iraniens qui se passeraient bien de cette « fatwa » sionisto-chrétienne puisqu’ils sont blancs comme neige, n’ayant jamais voulu agresser personne.

On dirait une parodie de la Cène, en moins triviale, moins satanique, moins epsteinienne néanmoins que celle présentée par les Macron et leurs suppôts lors des Jeux Olympiques organisés par la France en été 2024.

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Cette scène soulève cependant de nombreuses questions, objections et critiques sur la légitimité de ce personnage à jouer ce rôle du héros adoubé par ses preux chevaliers avant de partir au combat pour terrasser le dragon.

Dans plusieurs articles précédents[1], notamment celui de janvier 2026, j’ai tracé un portrait de cet homme qui reste encore (pour combien de temps ?) l’un des plus puissants de la planète.

Donald Trump est un individu que des circonstances et une ascendance favorables ont placé à la tête des États-Unis sans que rien, dans son caractère ou ses aspirations, ne le distingue d’un Américain moyen, voire médiocre. C’est un fils à papa qui, comme tous les gosses de riches, a passé sa jeunesse à trousser les filles et à flamber dans les boîtes de nuit[2] l’argent d’un père qui a réussi lui-même à s’imposer et à s’enrichir grâce à des parents peu regardants sur les moyens d’y parvenir. Ce va-t-en-guerre (pour les autres) n’a pas fait son service militaire, ce qui lui aurait permis d’aller se battre au Vietnam car, après 4 reports d’incorporation, il a réussi à se faire réformer pour une banale épine calcanéenne au talon (ce dont j’ai souffert moi-même sans me faire réformer).

Comme un certain nombre d’Américains, dont la lecture spirituelle se limite souvent à celle d’un seul livre, la Bible, Donald Trump est un individu inculte, rustre et fruste, fasciné par le clinquant, qui n’a retenu de son passage à l’Université, où il a suivi un cursus spécialisé dans les affaires immobilières, que ce qu’un bon Américain doit apprendre, à savoir : respecter la devise sacrée de tous les Américains qui est contenue dans trois mots : Bible and Business.

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Le traumatisme originel des Américains

Toute la nation américaine est fortement conditionnée par un traumatisme originel qui explique bien des comportements de ce peuple dirigé par des marchands, des « outlaws » à la gâchette facile, des pasteurs et des psychiatres : le mythe de fondation [3] de l’Amérique est le rejet de leurs ancêtres par le continent européen dont ils sont issus. L’Europe, en l’occurrence l’Angleterre puis la Hollande, les a chassés au début du XVIIe siècle parce qu’ils avaient été atteints d’une sorte de folie religieuse fanatique agressive, le Puritanisme, qui perturbait l’ensemble de leurs comportements et portaient atteinte à la vie normale des voisins qu’ils étaient bien obligés de côtoyer. Pas grand-chose n’a changé depuis.

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Le livre, désormais classique, de Christopher Hill sur les sectes extrémistes chassées d'Angleterre au début du 17ème. Catalogue de sectaires établis à la même époque (notons que l'on y inclut les Jésuites). Des Puritains découpent la croix du drapeau anglais, début du 17ème siècle.

Nombre d’Américains d’aujourd’hui ont repris à leur compte ce mythe qu’ils n’ont pas créé mais qu’ils se persuadent d’incarner physiquement, en quelque sorte par procuration tout comme leurs ancêtres revivaient, par leur exil, l’épopée fantasmée des Hébreux dont tous leurs enfants portaient les prénoms. Les biblistes considérèrent dès lors la terre sur laquelle ils venaient de poser les pieds, dont ils ignoraient la vaste étendue (et aussi les habitants), comme la leur, leur terre promise, Israël constituant la nouvelle « maison-mère » des nouveaux Américains, leur véritable patrie spirituelle.

Les premiers présidents des États-Unis vont suivre cette même voie comme nous le montre Prisca Perani, de l’Université de Reims, qui écrivait en 2004, dans un numéro de la revue Matériaux pour notre temps dans cet article : Les chrétiens sionistes aux États-Unis :

« Une certaine identification avec l’Israël biblique semble caractériser les toutes premières colonies. Ainsi, les premiers colons calvinistes ont tendance à s’identifier aux Hébreux, fuyant les persécutions pour trouver une Terre promise où fonder une Nouvelle Jérusalem. Au siècle suivant, des sympathies que l’on pourrait qualifier de philosémites commencent à voir le jour dans certains cercles. Ainsi, des indépendantistes tiennent l’anglais pour la langue de l’oppresseur et veulent faire de l’hébreu la langue nationale.

Thomas Jefferson, Benjamin Franklin et John Adams proposent comme sceau officiel des États-Unis une représentation des Hébreux traversant la Mer Rouge, poursuivis par le pharaon et protégés par Moïse […] John Adams écrit à Thomas Jefferson que les « Hébreux ont fait plus pour civiliser l’homme que toute autre nation ».

Quelle est la doctrine des chrétiens sionistes fondamentalistes ?

Voilà qui n’est pas très simple à expliquer, ce sont des esprits tordus, selon l’expression de Julius Evola.

Selon la revue Études de janvier 2024, fondée par des Jésuites russes en 1856, « Pour les évangéliques américains, fort attachés à une lecture littérale de la Bible, il est certain que les Juifs sont un peuple d’élus, auquel Dieu a promis une terre qui s’étend du ʺNil à l’Euphrateʺ et qui inclut la Judée et la Samarie, la bande de Gaza, les hauteurs du Golan et Jérusalem Est. Pour eux, les territoires occupés après la guerre des Six Jours sont les territoires promis par Dieu à Abraham, d’après la Genèse (Gn 15, 18). Du point de vue évangélique, l’existence des Juifs sert de preuve ou plutôt de témoignage à la véracité de l’Ancien Testament. Le soutien inconditionnel des évangéliques à Israël prend tout son sens dans une perspective eschatologique, centrée sur la ʺFin des tempsʺ, l’ʺenlèvementʺ (the Rapture) des vrais chrétiens avant la Grande Tribulation, le combat de sept ans contre l’Antéchrist, la bataille d’Armageddon (le ʺmont Megiddoʺ, en hébreu), précédant le retour du Christ en gloire, la Parousie. […]

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Selon le plus célèbre des sionistes chrétiens, le pasteur John Hagee (photo), ʺil n’est pas possible de dire “Je suis chrétien” et de ne pas aimer le peuple juifʺ. Pour des raisons eschatologiques, Dieu nous ordonne d’aimer le peuple juif et de défendre sa présence sur la Terre sainte. Or, la Bible, selon les évangéliques, ne mentionne pas l’existence d’un peuple palestinien : les Palestiniens n’existent pas, c’est du moins l’opinion maintes fois exprimée par des évangéliques ultraconservateurs comme Mike Huckabee[4], ancien gouverneur de l’Arkansas et candidat malheureux aux présidentielles de 2008 et de 2016. »

Pour les sionistes chrétiens, « seul le retour de Jésus peut apporter la justice aux hommes incapables de la créer eux-mêmes. Il faut donc hâter le retour du Christ pour qu'advienne le règne millénaire du Christ, mais pour hâter ce retour, il faut organiser celui des Juifs dans la terre qui leur a été donnée par Dieu ». (Wikipedia : article : Sionisme chrétien)

Où ça se complique, c’est que beaucoup de ces chrétiens sionistes sont violemment… antisémites comme John Hagee, cité plus haut, qui déclare, rappelons-le : ʺil n’est pas possible de dire “Je suis chrétien” et de ne pas aimer le peuple juifʺ pour ensuite clamer son admiration pour Adolf Hitler. C’est le même John Hagee qui a persuadé Trump de déplacer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, soulevant l’émoi des pays arabes.

Tout ceci est d’une totale incohérence ; on croit retrouver les discours de Trump (ou ceux de Macron) :

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En effet, selon Wikipedia, « ce courant comprend parmi ses principaux représentants des personnalités antisémites, tels que les pasteurs John Hagee, pour qui Adolf Hitler fut « le bras armé de dieu », Robert Jeffress, selon lequel tous les juifs sont destinés à l'enfer. […]

Le Premier ministre israélien de 1977 à 1983, Menahem Begin, encouragea les croyances des sionistes chrétiens. Il cultiva ses liens avec un certain nombre de dirigeants évangéliques fondamentalistes comme Jerry Falwell, David Allen Lewis, Hal Lindsey, Pat Robertson. Menahem Begin entretint d'ailleurs une véritable amitié avec Jerry Falwell, qui reçut le prix Jabotinsky[5], témoignage d'une grande reconnaissance des milieux nationalistes israéliens. » (Wikipedia : article : Sionisme chrétien)

Le sionisme chrétien de l’administration Trump est clairement affiché

Déjà, le 18 janvier 2025, la revue universitaire The Conversation, dans un article intitulé Le sionisme chrétien, une influence majeure sur la nouvelle administration Trump avait pointé la prépondérance des sionistes chrétiens au sein de l’équipe Trump qu’elle appelait encore « nationalistes chrétiens » et relevait l’aspect messianique et mystique de l’entourage de Donald Trump.

« Depuis une dizaine d’années, une nouvelle idéologie s’est fabriquée autour du candidat républicain devenu président en 2016 et réélu en 2024 : le nationalisme chrétien. Cette synthèse de circonstance joue sur la corde d’une identité américaine chrétienne ʺde toujoursʺ qui serait menacée par des ennemis intérieurs, mais que Donald Trump – l’élu du peuple – et de Dieu – va protéger et restaurer, de même qu’il va relever la grande Amérique, nation chérie de la Providence. Le nationalisme chrétien qui définit l’ère Trump a une dimension sioniste assumée, malgré son isolationnisme officiel. Cette dimension est plus ancienne que le nationalisme chrétien. Depuis les années 1970-1980, le Parti républicain a progressivement incorporé, avec la pression exercée sur lui par la droite chrétienne, une grille de lecture religieuse de l’État contemporain d’Israël qui semble être devenue commune parmi ses membres et l’entourage de D. Trump. »

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Plaque commémorant l’arrivée de sionistes chrétiens américains à Jaffa en 1866.

TV5Monde Info, dans un article intitulé : « Le sionisme chrétien, une idéologie néfaste : le cri d'alarme venu du saint des saints de la Chrétienté » a diffusé, le 30 janvier 2026, un reportage consacré à la colonie israélienne sioniste dénommée Trump Heigths[6], les « hauteurs de Trump », « offerte » par ce même Trump, fondée le 4 juillet 2020 sur le plateau du Golan syrien occupé et annexé par Israël, un Trump qui ne semble pas s’embarrasser, tout comme l’Israël sioniste, de la souveraineté de ces territoires occupés par la force.

Il est désormais difficile, par cet exemple on ne peut plus probant, de nier la politique assumée de l’administration Trump d’occupation de territoires qu’elle considère comme propriété acquise en vertu des mêmes allégations chimériques de terres supposées « données » par Dieu à l’Israël sioniste et, par délégation, aux christiano-sionistes américains.

Des terres, si ce n’est des pays, qui ne leur appartiennent pas, ni aux uns ni aux autres, sous prétexte de préparer conjointement la « parousie » (second avènement du Christ) pour les uns et la venue du Messiah pour les autres.

Pitoyables marchands du Temple qui exposent à la vue de Dieu et du monde leurs sordides tractations !

Nous sommes en plein délire. Comment des esprits sensés peuvent-il croire qu’il suffit de préparer matériellement, -voire d’en faire table rase- un lieu illégalement acquis au prix de massacres de dizaines de milliers de personnes innocentes pour croire qu’un Dieu, qu’il soit juif ou chrétien, ou autre, accepterait d’y faire sa demeure dans de telles conditions ?

Quand on écoute les prédicateurs évangélistes, ceux-là qui se sont précipités au secours de Trump, on se demande s’ils ne sont pas plus fanatiques que ces islamistes qui appellent à la guerre sainte et à décapiter l’infidèle. On ne comprend pas quel genre de christianisme, à des milliers de kilomètres de la bienveillance, de la charité et de l’amour du prochain qui ont toujours constitué l’armature et la raison d’être de cette religion, pratiquent ces gens hystériques, qui semblent réellement possédés par le démon comme on peut le voir sur certaines vidéos, telle cette femme qui hurle et fait mine de frapper l’infidèle à mort. Cette femme, Paula White[7], est celle qui, dans la scène de la Cène, lors du rassemblement des pasteurs dans le bureau de Trump, est habillée en rouge. N’est-ce pas la couleur de Satan ? Ce choix était-il bien approprié, ou innocent, dans une telle circonstance où on sait que la planète entière regardera cette séquence ?

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D’autres personnages, proches de Trump, ont attiré sur eux l’attention des médias par leur comportement pour le moins excessif ; j’en citerai deux qui ont, tous les deux, subi les foudres de l’une des rares personnes à avoir conservé en Amérique un minimum de bon sens, avec Candace Owens, je veux parler de Tucker Carlson ; Tucker Carlson a interviewé Mike Huckabee (photo, ci-dessous) [8], ancien pasteur baptiste, « Il est ambassadeur en Israël depuis 2025. Fervent sioniste chrétien, il défend la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée et s'oppose à la création d’un État palestinien, affirmant que le peuple palestinien est une invention. Il défend également le droit de l’État israélien à étendre son territoire au détriment des pays voisins. » (Wikipedia)

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Le deuxième personnage sulfureux est Pete Hegseth[9], actuel secrétaire à la Guerre américain, dont Tucker Carlson a dit qu’il était un agent sioniste : « Je n'imaginais pas qu'il ait des opinions aussi mûrement réfléchies, précises et apparemment très éclairées sur la reconstruction du troisième temple. Ce n'est pas le genre de choses qu'on apprend à l'école du dimanche. »

Je terminerai cet article sur cette remarquable intervention de Pascal Lottaz, intitulée La guerre sans changement : les fondamentalistes ont pris l’armée américaine[10], qui est présentée ainsi, résumant parfaitement ce qui vient d’être dit ici : «Divers rapports indiquent que des commandants militaires américains disent à leurs soldats que le but de la guerre contre l’Iran est de provoquer l’Armageddon et le Second Avènement du Christ. Pete Hegseth est lui-même un évangélique fanatique avec deux tatouages fondamentalistes chrétiens, et il existe un ʺBureau de la foi de la Maison-Blancheʺ dirigé par un évangéliste belliciste. Le sionisme (juif et chrétien) tourne entièrement autour de ces idées. Et si la guerre contre l’Iran n’était pas en réalité une guerre ʺrationnelle et séculièreʺ menée par les néoconservateurs pour projeter la puissance américaine, mais une guerre irrationnelle de fanatiques religieux qui la veulent pour elle-même, parce qu’elle ferait partie du plan divin de Dieu ? Cela changerait fondamentalement la manière d’évaluer la nature de cette tragédie… et cela pourrait mettre directement en danger la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem ».

Pierre-Émile Blairon

Notes: 

[1] Le nouveau « Nouveau monde » de Trump, 2 mars 2025

Quelle est donc cette « civilisation judéo-chrétienne » à laquelle nous appartiendrions ? 21 septembre 2025

Trump veut-il vraiment en finir avec la guerre en Ukraine ? 30 novembre 2025

Avis de recherche : l’Occident a été confisqué par deux psychopathes, 19 janvier 2026

[2] Ce qui le mènera à rencontrer Epstein.

[3] Voir Le sacré et le Profane, de Mircea Eliade, Gallimard.

[4] Aujourd’hui ambassadeur des États-Unis en Israël.

[5] C’est le père de Benjamin Netanyahou qui était le secrétaire de Jabotinsky, l’un des fondateurs du nouveau sionisme. Comme le monde est petit !

[6] https://information.tv5monde.com/international/edito-le-sionisme-chretien-une-ideologie-nefaste-le-cri-dalarme-venu-du-saint-des-saints-de-la-chretiente-2807543

[7] Trump et ses fous de Dieu : https://www.youtube.com/watch?v=p8goipwHbag

[8] https://www.facebook.com/reel/1878217349485526

[9] Encore un personnage plus que douteux : « À partir de l'été 2025, Pete Hegseth supervise une série d'attaques militaires contre de petites embarcations soupçonnées de transporter de la drogue dans la mer des Caraïbes. Ces opérations ont provoqué la destruction de dizaines d'embarcations et la mort d'au moins 145 personnes. Aucune preuve n’a été fournie par les autorités américaines sur la présence à bord de chargements de drogue et de nombreux experts en droit international humanitaire estiment que ces frappes constituent des exécutions extrajudiciaires » (Wikipedia)

[10] https://www.youtube.com/watch?v=QSDLCTFFy10

mercredi, 11 mars 2026

Trump le Destructeur - La crise finale de l’hégémonie occidentale

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Trump le Destructeur

La crise finale de l’hégémonie occidentale

Alexandre Douguine

Alexandre Douguine sur la résistance de l’Iran, l’effondrement de la crédibilité américaine et l’accélération de la naissance d’un monde multipolaire.

Le fait que l’Iran ne se rende pas, ne consente ni à une trêve ni à un cessez-le-feu, est déjà en train de changer l’équilibre des forces. Après la première frappe, l’Iran s’est réorganisé et a nommé un nouveau Rahbar (Guide suprême): Mojtaba Khamenei, le fils de l’ayatollah Khamenei. En dépit des coups douloureux portés à ses infrastructures énergétiques, l’Iran ne se contente pas de résister, mais contre-attaque activement l’ennemi. Des frappes de missiles et de drones ont été menées contre toutes les bases américaines entourant l’Iran. Selon des estimations neutres, plus de 1000 militaires américains auraient été tués (l’Iran avance des chiffres bien plus élevés, tandis que Trump ne parle que de quelques victimes, ce qui paraît risible compte tenu de l’ampleur des frappes iraniennes).

L’Iran a adopté une tactique très efficace: frapper non seulement des cibles militaires en Israël, qui se transforme progressivement en une sorte de Gaza, mais surtout les nœuds et centres énergétiques des États du Golfe, sur lesquels repose l’économie mondiale. Associé au blocage du détroit d’Ormuz, cela a déjà causé d’énormes pertes au marché mondial. De plus, la situation s’aggravera chaque jour de résistance iranienne.

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Il est significatif que les pays du Golfe—dont les projets de se transformer en centres neutres et sûrs de l’économie mondiale sont désormais anéantis—ne blâment pas tant l’Iran que surtout Israël et les États-Unis. Ils n’ont jamais aimé Israël, mais, à leurs yeux, Trump est devenu un traître patenté. Si les bases militaires américaines ne les protègent pas mais créent au contraire du danger, à quoi servent-elles ? Les dirigeants arabes se posent cette question tout à fait logiquement.

Parallèlement, le « plancton » du capitalisme globalisé et les armées de call-girls quittent Dubaï à la hâte. Sur le toit d’un hôtel abandonné, seul l’influenceur, quelque peu dérangé, Andrew Tate danse seul, continuant d’affirmer obstinément que tout cela n’est qu’une simulation informatique et que nous vivons dans une matrice dont on vient simplement de charger un nouveau décor.

La prochaine étape sera le retrait des obligations arabes des États-Unis. D’ailleurs, BlackRock a suspendu les retraits de ses fonds, abaissant le plafond de plus de moitié. Cela ressemble au début d’un effondrement. Le prix du pétrole explose, tandis que les indices boursiers s’effondrent. Il n’est pas exclu que l’économie mondiale s’effondre totalement dans un avenir proche.

Ce sur quoi comptait Trump a manifestement échoué. La volonté et la détermination de l’Iran à aller jusqu’au bout, ajoutées à la solidarité d’une société rassemblée autour de sa direction politique et religieuse, ont mis fin aux attentes d’une victoire facile et peu coûteuse pour les États-Unis et Israël. Ce n’est déjà ni facile ni peu coûteux, et chaque jour qui passe rend les choses plus dures et plus onéreuses. Trump n’est visiblement pas préparé aux processus longs.

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En outre, sa cote de popularité s’effondre rapidement. Aux États-Unis, la guerre contre l’Iran n’est soutenue que par une petite minorité (principalement les sionistes chrétiens et les dispensationalistes—nombreux aux États-Unis, mais ne représentant qu’un faible pourcentage de la population totale). L’électorat MAGA de base s’était déjà détourné de Trump (principalement à cause des dossiers Epstein) et constitue désormais le flanc le plus radical de l’anti-trumpisme. « Trump nous a tous trahis » est la publication la plus courante sur les réseaux sociaux parmi les anciens partisans de MAGA.

Bien que Trump continue de proférer menaces et insultes, il donne de plus en plus l’impression de sombrer dans la panique. L’opération EP—Epic Fury (nom inventé par le skinhead idéologiquement alcoolisé Pete Hegseth)—a été rebaptisée sur les réseaux sociaux américains « Operation Epstein Files » ou « Epic Fail » ; les initiales demeurent : EP.

Donald Trump s’apprête à déclarer que « les États-Unis ont encore gagné » et qu’il a « mis fin à une nouvelle guerre ». Il essaiera alors d’arrêter les hostilités et de se tourner vers l’occupation de Cuba. À cette fin, deux personnages très suspects ont été envoyés en Israël: Jared Kushner et Steve Witkoff. Cependant, il semble qu’aujourd’hui, presque plus personne dans le monde ne les croit. C’est précisément pendant les négociations qu'ils menaient avec l’Iran que les États-Unis et Israël ont mené une frappe traîtresse qui tua des dizaines d'écolières à Minab (il s’agissait d'enfants de commandants des Gardiens de la révolution islamique) ainsi que des représentants des plus hauts niveaux politico-religieux iraniens.

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Une nouvelle star de l’internet mondial, l’intellectuel chinois Jiang Xueqin (photo)—qui avait prévu avec précision les événements à venir, y compris l’attaque des États-Unis et d’Israël et son déroulement, et qui est le seul sinologue profondément versé dans les eschatologies monothéistes (sionisme religieux, sectes messianiques juives de Sabbataï Tsevi et Jacob Frank, dispensationalisme chrétien, et le thème du Mahdi)—a déclaré aujourd’hui que Kushner représente l’une des figures les plus sinistres des élites occidentales, et qu’il est lié au réseau de Jeffrey Epstein (par l’intermédiaire de l’avocat d'Epstein, l’agent israélien Alan Dershowitz). De plus, Jiang Xueqin a décrit Kushner lui-même comme « le nouvel Epstein ». Jusqu’à présent, toutes ses prédictions se sont réalisées avec une précision frappante.

C’est maintenant le moment pour la Russie d’agir de manière plus audacieuse pour défendre ses intérêts. L’Ukraine et le Moyen-Orient sont deux théâtres de la même guerre: une guerre de l’humanité pour la souveraineté et pour un monde multipolaire contre les tentatives désespérées de Trump—devenu un instrument aveugle et frénétique des néoconservateurs—de préserver l’hégémonie occidentale et l’unipolarité.

Donald Trump a détruit l’ordre précédent jusqu’à ses fondations. Plus personne ne parle de libéralisme, ni d’agenda écologique, ni de politique de genre. Tout, dans le monde, est devenu bien plus dur et explicite. Dans le fond, rien n’a changé, si ce n’est que le masque est tombé. Trump a dissipé le brouillard et révélé à l’humanité le vrai visage de l’Occident. Il est monstrueux. Dans le sens de la destruction de toutes les règles et de l’arrachage de tous les voiles, Trump a été très efficace. Il est le Grand Destructeur.

À l’origine, il aurait pu y avoir une place pour MAGA dans un monde multipolaire. L’Occident pour les Occidentaux, l’Amérique pour les Américains, l’Europe pour les Européens. Pourquoi pas ? Et sans agenda migratoire libéral. Chaque civilisation avec ses propres valeurs traditionnelles, et ce retour ne pourrait qu’être bienvenu.

En même temps : la Russie pour les Russes. L’Eurasie pour les Eurasiens. L’Iran pour les Iraniens. Les pays islamiques pour les musulmans. La Chine pour les Chinois. L’Inde pour les hindous. L’Afrique pour les Africains. L’Amérique latine pour les Latino-Américains. Ce serait juste.

Les États-civilisations pourraient assez aisément s’accorder sur une nouvelle répartition régionale de la planète, sur une base multipolaire.

Au début, Trump faisait semblant d’être globalement d’accord avec cela, et c’était l’essence de sa campagne électorale—son idéologie MAGA. C’est précisément sur cette base et dans ces conditions que la Russie a entamé un dialogue avec Trump.

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Puis quelque chose a dérapé—jusqu’à ce que tout s’effondre. Trump a abandonné le point central: le monde multipolaire. Il a attaqué de front les BRICS, n’a rien fait sur le front ukrainien, a adopté une position effroyable dans l’affaire Epstein—se retrouvant impliqué dans les aspects les plus sordides de cette affaire ignoble—a attaqué le Venezuela, soutenu le génocide à Gaza, lancé la première frappe contre l’Iran, et se trouve désormais engagé dans une guerre brutale loin de ses propres frontières. Pendant ce temps, aucun des protagonistes de l’affaire Epstein n’a été arrêté, la déportation des migrants illégaux s’est arrêtée, et à l’intérieur des États-Unis, il perd rapidement le soutien populaire. Les États-Unis se dégradent ; aucun problème n’a été résolu.

Le programme positif de Trump a totalement échoué. Mais dans la destruction, il excelle.

Nous devons nous réorganiser rapidement en tenant compte de cela. Trump perdra presque certainement les élections de mi-mandat à l’automne face aux Démocrates. Mais, ceux-là, ce n’est que le même mal, sous un autre angle. Nous devons rester fermes sur nos positions: souveraineté, État-civilisation, multipolarité—et avancer résolument vers la victoire en Ukraine. Les États-Unis et l’Occident dans leur ensemble sont nos ennemis mortels. Nous sommes en guerre contre eux aujourd’hui, et demain nous continuerons à nous battre, peut-être encore plus durement. C’est cela, notre point de départ.

Avec une telle approche rationnelle, nous serons capables de tirer parti de toute action de Trump ou de l’Union européenne, sans céder à l’hypnose, à la persuasion ou aux promesses. L’Occident est une civilisation du mal. Il doit être traité comme tel. S’il souhaite se réformer, tant mieux—nous l’y aiderons volontiers. Mais pour le moment, il est un dragon sur le point de trépasser qui, dans son agonie, détruit tout sur son passage. C’est extrêmement dangereux, mais il n’y a qu’une seule voie : l’achever totalement—par tous les moyens nécessaires.

Que Trump détruise l’ancien monde jusqu’à ses fondations. Inutile de s’accrocher à ce qui est épuisé. Il est temps de bâtir un nouveau monde, dans lequel la Russie doit occuper la place qui lui revient—celle qui lui est due. Cette place, c’est celle d’un sujet, non d’un objet. Nous n’avons pas besoin de ce qui appartient aux autres, mais l’Eurasie nous appartient.

 

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mardi, 10 mars 2026

Les États-Unis veulent isoler la Chine de l’Amérique latine

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Les États-Unis veulent isoler la Chine de l’Amérique latine

Source: https://mpr21.info/estados-unidos-quiere-aislar-a-china-d...

Samedi, Trump a convoqué douze dirigeants latino-américains dans son club de golf de Miami pour créer une coalition régionale appelée « Bouclier des Amériques ». L’objectif est de réduire l’influence de la Chine sur un continent où, en deux décennies, elle s’est imposée comme un partenaire commercial indispensable.

Au cours de son discours, Trump a annoncé la création d’une coalition militaire pour éradiquer les cartels criminels, évoquant des attaques de missiles contre des organisations narco-terroristes. Il a profité du sommet pour réaffirmer ses ambitions sur Cuba, affirmant que le gouvernement de La Havane vivait ses derniers instants.

Les participants — Argentine (Javier Milei), Salvador (Nayib Bukele), Équateur (Daniel Noboa), Bolivie, Costa Rica, République dominicaine, Guyana, Honduras, Panama, Paraguay, Chili (José Antonio Kast) et Trinité-et-Tobago — sont des dirigeants inféodés à l’impérialisme.

Le Brésil, sous le gouvernement de Lula, le Mexique, sous celui de Claudia Sheinbaum, et la Colombie, sous la présidence de Gustavo Petro, ont brillé par leur absence, ces trois pays entretenant des relations commerciales étroites avec Pékin.

Quant à la Chine, Trump souhaite bloquer les contrats attribués à ce pays concernant les minerais critiques, les infrastructures de transport et les capacités de renseignement militaire. L’Argentine, le Chili et la Bolivie détiennent à eux trois les plus grandes réserves mondiales de lithium, un métal stratégique pour les batteries et le stockage d’énergie, une ressource que Washington entend arracher à Pékin.

Depuis le début de ce siècle, la Chine a considérablement accru ses prêts, projets d’infrastructure et accords commerciaux sur tout le continent. En 2024, le commerce bilatéral entre la Chine et l’Amérique du Sud avait atteint 518 milliards de dollars, faisant de Pékin le premier ou le deuxième partenaire commercial de la plupart des économies de la région.

La stratégie de sécurité nationale publiée par le gouvernement Trump en décembre dernier stipule que les États-Unis refuseront à tout concurrent extérieur au continent la possibilité de posséder ou de contrôler des actifs stratégiques en Amérique latine. Le Panama s’est retiré de la Nouvelle Route de la Soie en janvier de cette année, après que la Cour suprême panaméenne a déclaré inconstitutionnel le contrat entre le pays et l’entreprise CK Hutchison, basée à Hong Kong. L’Équateur, de son côté, a autorisé l’installation d’une base militaire américaine sur son territoire.

La prochaine étape de la coalition antichinoise sera définie lors des consultations bilatérales entre Washington et les gouvernements signataires dans les semaines précédant le voyage de Trump en Chine, prévu pour début avril.

lundi, 02 mars 2026

L’hétérogenèse des fins dans l’agression contre l’Iran 

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L’hétérogenèse des fins dans l’agression contre l’Iran 

par Filippo Bovo 

Source : Filippo Bovo & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/l-eterogenesi-dei...

Maintenant que nous sommes au troisième jour du conflit,celui-ci atteint une intensité qui dépasse toutes les prévisions. Il dépasse sûrement, même si c'est négativement, celles des États-Unis ainsi que d’Israël, qui pensaient mener une opération éclair selon la doctrine militaire du « shock and awe »n « frappe et terrorise », visant à une « domination rapide » du conflit), mais aussi celles de leurs alliés en Europe et dans le Golfe. Il dépasse également celles de nombreux autres, qui, du côté opposé, regardaient ces derniers jours avec une inquiétude motivée le déploiement massif et croissant des forces américaines dans la région, en prévision d’une attaque destructrice contre l’Iran.

Plusieurs facteurs corroborent ce phénomène. Par exemple, au début des attaques, le premier jour, la thèse dominante était que le conflit ne durerait pas plus de 4 jours. Cependant, hier seulement, entre le deuxième et le troisième jour, Trump a rectifié ses prévisions en parlant d’au moins 4 ou 5 semaines, tout en mettant en garde contre le risque de nouvelles pertes parmi les forces américaines (officiellement, nous en sommes déjà à 3 morts et plusieurs blessés, dont certains très graves), ainsi que d’autres «dommages collatéraux» (par exemple, une moindre disponibilité d’hydrocarbures et l'augmentation relative de leurs prix, avec des conséquences pour l’inflation: ce n’est pas un hasard si la Maison Blanche pousse maintenant à une forte augmentation de la production de shale oil et à l’utilisation des réserves stratégiques, le Brent ayant entre-temps augmenté de +9 %, à 80 dollars).

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Il faut faire la différence entre le langage électoral et la réalité sur le terrain: les élections de mi-mandat sont très proches, et le pays est déjà en campagne électorale. En arrivant face aux électeurs avec une victoire facile, après un conflit court qui lui aurait permis de brandir d’énormes résultats (la fin, outre du « spectre » nucléaire iranien, de son programme de missiles et de ses liens avec le Hezbollah, les Houthis, les milices chiites irakiennes comme Harakat Hezbollah al-Nujaba, Asaib Ahl al-Haq, Kataib Hezbollah, l’Organisation Badr, peut-être aussi un «changement de régime» et la fin de l’opposition à Israël), Trump aurait eu la garantie d’un résultat «bulgare» pour le Parti républicain au Congrès. Avec un conflit qui s’allonge et dont l’issue est incertaine, tout cela devient beaucoup plus difficile: c’est un «marécage» qui peut entraîner des coûts humains et économiques peu «hygiéniques» dans la perspective des élections.

De plus, Netanyahu, avant de partir pour Berlin, où il a trouvé refuge contre les frappes iraniennes qui mettent sérieusement en crise le système de la défense aérienne israélienne (à cause de l’éblouissement des radars dans les bases américaines du Golfe et de la saturation, avec des drones et des missiles à bas coût, de systèmes d'interception coûteux comme Patriot, THAAD et Arrow 3, qui sont rapidement gaspillés), a déclaré à la télévision que la confrontation avec l’Iran sera longue et dure. Le Premier ministre israélien, lui aussi, repose sur une majorité fragile, et fait face à la pression de la magistrature nationale dans au moins trois affaires de corruption. La guerre devait lui assurer une longue vie politique (éradiquer une fois pour toutes la «menace» de Téhéran ferait de lui un héros national), mais pour l’instant, cela ne se passe pas comme prévu.

Puisque ni les États-Unis ni Israël n’ont l’intention de s’engager dans une crise guerrière prolongée et incertaine (les deux pays disposent de systèmes militaires orientés vers des affrontements courts et efficaces, peu enclins à des conflits de toute autre nature, encore moins une guerre asymétrique et de friction comme celle menée par Téhéran), la recherche d’une solution est évidemment saluée favorablement. L’Iran a été approché par des pays tiers, même co-belligérants (pas par hasard, les bases américaines sur leur territoire ont été frappées, comme dans d’autres pays du Conseil de coopération du Golfe), tels le Qatar et Oman, qui ont présenté une demande de « cessez-le-feu » envoyée par les États-Unis. Téhéran, par la voix du Secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a cependant rejeté avec dédain cette offre. Même l’Italie, qui maintient également des canaux informels avec l’Iran, a collaboré pour transmettre une demande de « cessez-le-feu » de la part de Washington, mais n’a obtenu qu’un refus (d’ailleurs, il est assez curieux d’apprendre cette nouvelle dans des journaux étrangers, alors que Tajani présente aujourd’hui un rapport au Parlement italien: nos médias n’en parlent pas ou très vaguement).

Naturellement, ici aussi, le langage électoral entre en jeu. Trump, qui ne peut pas se permettre, pour des raisons évidentes, le luxe de révéler à ses concitoyens qu’il a «prié» pour un «cessez-le-feu» de la part de Téhéran avant une extension du conflit sans réserves militaires suffisantes pour le contenir, a «retourné l’œuf» en disant que les nouveaux dirigeants iraniens, succédant à Khamenei, lui avaient demandé de parler et qu’il avait accepté. Quand le démenti iranien est arrivé, avec le rejet de tout «cessez-le-feu», est arrivé, la crise a éclaté.

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Ce n’était pas le seul cas: presque simultanément, une correction a été publiée par Riyad à un article du Washington Post (propriété du milliardaire d’Amazon Jeff Bezos, également considéré comme un pilier profond du Département d’État américain), qui attribuait au prince héritier MBS des pressions sur Trump pour qu’il lance l’attaque contre l’Iran dès que possible. Avec un communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères saoudien a démoli point par point cet article, réaffirmant que Riyad a jusqu’ici plutôt fait pression sur l’administration Trump pour qu’elle n’entreprenne pas d’actions nuisibles aux efforts saoudiens visant à préserver la stabilité régionale. L’article du Washington Post est une «fausse information» journalistique, qui répond néanmoins à une stratégie précise: pousser l’Arabie saoudite et tous les autres membres du Conseil de coopération du Golfe à la guerre contre Téhéran, ce qui a été largement révélé. D’autres épisodes y contribuent, comme la récente et controversée attaque sur la raffinerie ARAMCO de Ras Tanura (qui s’apparente à celle du plus grand complexe de liquéfaction de GNL au monde, à Ras Laffan, à proximité, avec une suspension de la production).

Pour l’Iran, une extension du conflit dans ces termes équivaut à mettre encore plus la machine économique et militaire israélo-américaine sous pression, et, par suite, à la paralyser. Cependant, puisque les États du Golfe ont officiellement maintenu leur neutralité envers Téhéran (à l’exception d’être dupés et abandonnés par les États-Unis, comme l’a déclaré un officiel saoudien à Al Jazeera), jusqu’à présent, les forces iraniennes n’ont pas attaqué leurs sites énergétiques, se concentrant principalement sur les bases américaines. Déjà, alors que la Ligue arabe renouvelle ses appels à la désescalade, plusieurs figures politiques du Conseil de coopération du Golfe déconseillent une intervention contre Téhéran, affirmant que ni leurs pays ni l’Iran n’en tireraient profit, mais seulement d’autres puissances extérieures aux intentions tout sauf amicales envers la région.

Mais, en fin de compte, une extension de la fracture diplomatique entre Washington et Riyad (avec tout le Conseil de coopération du Golfe) serait également un excellent résultat pour l’Iran: l’équivalent d’une extension du conflit, sous une autre forme.

jeudi, 26 février 2026

Le "Board of Peace" de Trump. Que faut-il en penser?

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Le "Board of Peace" de Trump. Que faut-il en penser?

par Daniele Perra

Source : Daniele Perra & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/board-of-peace

Comme tout ce qui touche au « trumpisme », le « Board of Peace » semble voué à un échec (scientifiquement recherché) qui oscille entre le tragique et le ridicule. D'après les premières indiscrétions, la bande de Gaza serait divisée en cinq parties, chacune gérée par l'un des cinq pays qui ont actuellement accepté d'envoyer des troupes: le Kosovo, le Kazakhstan, l'Albanie, le Maroc et l'Indonésie. Ce sont tous des pays à majorité musulmane (ce qui, en théorie, devrait faciliter la coopération avec la population gazaouie). Cependant, aucun d'entre eux (à l'exception du Maroc et de l'Indonésie, mais dans une mesure limitée) n'a d'expérience dans la confrontation avec des groupes insurrectionnels armés. Au contraire, dans le cas de l'Albanie et du Kosovo (qui, entre autres, ne dispose même pas de véritables forces armées, étant un protectorat de l'OTAN), on peut ouvertement parler de soutien à des groupes terroristes. L'Albanie héberge le groupe terroriste iranien MeK ; le Kosovo est né de la lutte du groupe terroriste UCK, bien connu également pour le trafic de stupéfiants et d'êtres humains.

Il est donc peu probable qu'ils parviennent à convaincre le Hamas de déposer les armes.

Tout cela, bien sûr, au profit d'Israël qui se sentirait (à nouveau) autorisé à intervenir militairement (comme il le fait déjà, malgré le prétendu cessez-le-feu). Enfin, l'objectif fondamental ne semble pas du tout être la stabilisation, mais plutôt de créer le chaos dans le but précis de pousser les Palestiniens hors du territoire et de spéculer autant que possible. Dans ce sens, le rôle de plus en plus prépondérant du promoteur immobilier et gendre de Trump, Jared Kushner (fils de Charles Kushner, l'un des meilleurs «amis» de Netanyahu), dans les plans géopolitiques de la nouvelle administration Trump n'est pas surprenant. Après tout, ce rôle était déjà apparu avec force dans les dossiers Epstein.

 

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mardi, 17 février 2026

Trump a divisé l’Occident en cinq parties

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Trump a divisé l’Occident en cinq parties

Alexandre Douguine

La politique mondiale traverse des processus extrêmement rapides et dynamiques. Cela est en grande partie dû à la politique de Trump, qui a introduit dans le système des relations internationales un niveau élevé de turbulence, d’imprévisibilité et de radicalité, et les événements se développent de manière de plus en plus intense.

Devant nos yeux, la conception d’un Occident collectif s’effondre, c’est-à-dire la politique solidaire et assez prévisible des principales puissances occidentales et des pays qui suivent entièrement la ligne de l’Occident. Un tel consensus n’existe plus. Les projets mondialistes se fissurent, même l’unité euro-atlantique, l’avenir de l’OTAN et de l’ONU sont remis en question. Trump a déclaré explicitement que le droit international ne le concerne pas et qu’il agit selon ses propres idées, selon son propre jugement de ce qui est moral ou non.

Les revendications de Trump concernant l’annexion du Groenland et du Canada, ainsi que sa posture méprisante envers l’Europe et ses partenaires de l’OTAN (et son soutien total à Netanyahu et à sa politique au Moyen-Orient, l’absence de soutien inconditionnel au régime de Zelensky, tout en soutenant pleinement Netanyahu) aggravent encore la fracture déjà en cours ou presque réalisée.

Dans une situation où l’Occident collectif n’existe plus en tant que tout politique, idéologique et géopolitique, une nouvelle carte commence à se dessiner, où, à la place de l’Occident, apparaissent plusieurs entités distinctes et parfois conflictuelles. Ce n’est pas encore un modèle achevé, mais simplement un processus avec une fin qui demeure ouverte.

Cependant, on peut déjà supposer qu’à la place d’un Occident uni se formeront cinq entités géopolitiques distinctes. Essayons de les décrire.

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Les États-Unis de l’ère Trump 2.0 comme l’Occident numéro un

Les vues géopolitiques de Trump diffèrent radicalement de la stratégie mondialiste suivie par les administrations précédentes, non seulement sous les démocrates, mais aussi sous les républicains (comme sous George W. Bush). Trump proclame ouvertement une hégémonie américaine directe, qui comporte plusieurs niveaux.

Il souhaite avant tout affirmer la domination des États-Unis dans l’espace des deux Amériques. Cela est reflété dans la dernière version de la Stratégie de sécurité nationale, où Trump se réfère directement à la doctrine Monroe, à laquelle il ajoute sa propre vision.

La doctrine Monroe a été formulée par le président James Monroe le 2 décembre 1823 dans son discours annuel au Congrès. L’idée principale était d’obtenir une indépendance totale du Nouveau Monde vis-à-vis de l’Ancien (c’est-à-dire des métropoles européennes), et les États-Unis étaient considérés comme la principale force politique et économique pour libérer les États des deux Amériques du contrôle européen. Il n’était pas explicitement dit qu’une forme de colonialisme (européen) allait être remplacée par une autre (américaine), mais une certaine hégémonie des États-Unis dans la région était sous-entendue. 

Dans sa lecture moderne, en tenant compte des nouveautés de Trump, la doctrine Monroe implique ce qui suit : 

- La souveraineté totale et absolue des États-Unis, indépendants de toute institution transnationale, rejet du mondialisme ;

- La suppression des influences géopolitiques majeures sur tous les pays des deux Amériques par d’autres grandes puissances (Chine, Russie, et pays européens) ;

- L’établissement d’une hégémonie militaire, politique et économique directe sur les deux continents et les espaces océaniques adjacents par les États-Unis.

Cette doctrine prévoit aussi la promotion de régimes vassaux des États-Unis en Amérique latine, le remplacement de toutes les politiques qui s'avèreront indésirables à Washington, et l’interférence dans les affaires intérieures des États de cette zone — souvent sous prétexte de lutte contre le trafic de drogue, l’immigration illégale, voire le communisme (Venezuela, Cuba, Nicaragua). En résumé, ce n’est pas très différent de la politique poursuivie par les États-Unis au 20ème siècle.

Ce qui est nouveau avec la doctrine de Trump, c’est sa revendication d’annexer le Groenland et le Canada, ainsi que sa posture méprisante envers l’Europe et ses partenaires de l’OTAN.

En substance, les États-Unis sont ici proclamés comme un empire, entouré de pays vassaux qui doivent demeurer dans une dépendance vassale vis-à-vis de la métropole. C’est ce qui est reflété dans le principal slogan de la politique de Trump: Make America Great Again ou son synonyme America First.

Trump poursuit cette ligne de manière bien plus ferme lors de son deuxième mandat que lors du premier, ce qui modifie radicalement l’équilibre des forces à l’échelle mondiale. 

On peut considérer cette vision trumpiste, américanocentrique, de l’Occident comme l’Occident numéro un.

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L’Union européenne comme l’Occident numéro deux

L’Occident numéro deux devient alors l’Union européenne, qui se trouve dans une situation très compliquée. Pendant des décennies, les pays de l’UE ont orienté leur politique, leur sécurité et même leur économie en fonction des États-Unis dans le cadre du partenariat atlantique, choisissant à chaque fois entre la souveraineté européenne et la soumission à Washington, cette dernière posture étant la plus souvent favorisée.

Les anciens dirigeants américains faisaient semblant de considérer les Européens comme des partenaires presque équivalents, et leur opinion était prise en compte, ce qui créait l’illusion d’un consensus au sein du « collectif » Occident. Trump a brisé ce modèle, forçant brutalement l’Union européenne à reconnaître sa position de vassale.

Ainsi, le Premier ministre belge De Wever, en janvier 2026, lors du Forum économique mondial à Davos, a parlé ouvertement d’un « heureux vassal » et d’un « esclave malheureux » dans le contexte de la dépendance de l’Europe aux États-Unis.

Les élites européennes étaient auparavant des « vassaux heureux ». Trump a vu cette situation sous un autre angle, et ils se sont sentis comme des « esclaves malheureux ». Il a souligné le choix entre le respect de soi et la perte de dignité sous la pression de Washington concernant l’annexion du Groenland, mais l’UE n’est pas encore prête à faire un tel choix.

Dans cette nouvelle configuration, l’UE, contre sa volonté, devient une entité plus autonome. Macron et Merz ont parlé de la nécessité d’un système de sécurité européen, car les États-Unis ne représentent plus la garantie de cette sécurité, mais une menace nouvelle et sérieuse.

L’UE n’a pas encore pris de mesures décisives, mais ses contours du second Occident deviennent de plus en plus clairs.

La position de l’UE sur l’Ukraine diffère fortement de celle de Trump : le président américain veut mettre fin à cette guerre contre la Russie (du moins le dit-il), tandis que l’UE veut la poursuivre, voire participer directement.

Les positions concernant Netanyahu et le génocide des Palestiniens à Gaza diffèrent aussi : Trump soutient totalement, l’UE condamne davantage. 

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Le Royaume-Uni comme troisième Occident

Face à cette fracture atlantique, le Royaume-Uni, après le Brexit, demeure une autre puissance — le troisième Occident.

D’un côté, la politique libérale de Starmers est proche de celle de l’UE, mais de l’autre, Londres entretient traditionnellement des relations étroites avec les États-Unis, jouant le rôle de superviseur des processus européens depuis Washington.

Mais le Royaume-Uni ne fait plus partie de l’UE, et il ne soutient pas la ligne de Trump, où il joue un rôle peu enviable de simple esclave-vassal, comme le dit le Premier ministre belge.

Le Royaume-Uni ne peut plus jouer le rôle de médiateur international, devenant dans plusieurs situations une partie intéressée, notamment dans le conflit ukrainien, où il a totalement adopté la position de Kiev et a même amorcé l’escalade avec la Russie, y compris avec une implication militaire directe aux côtés du régime de Zelensky.

C’est notamment la visite du Premier ministre britannique Boris Johnson en Ukraine qui a ruiné les Accords d’Istanbul de 2022.

Mais le troisième Occident britannique ne peut pas revenir à la politique impériale d’autrefois. Les ressources de l’Angleterre moderne, sa dégradation économique et la crise migratoire empêchent tout rôle de leader dans le Commonwealth ou toute hégémonie en Europe. 

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Les globalistes comme le quatrième Occident

Avec l’idéologie, les réseaux organisationnels et les institutions des globalistes, comme George Soros, avec le Forum économique mondial et d’autres organisations internationales prônant l’idée d’un gouvernement mondial et d’un monde unifié, nous obtenons le quatrième Occident.

Ce dernier a été la principale force qui a dicté le ton à une époque, étant la force unificatrice, ce qui permettait de parler de « l’Occident collectif ». Ces cercles étaient représentés par l’élite mondialiste aux États-Unis — notamment le « deep state » contre lequel Trump a commencé à lutter.

Il s’agissait principalement de la haute direction du Parti démocrate, ainsi que d’une partie des néo-conservateurs républicains, situés entre Trump (avec son « America First ») et le globalisme classique.

La majorité des dirigeants de l’UE et même Starmers appartiennent à ce projet mondialiste, dont les positions ont fortement diminué sous Trump, ce qui a conduit à la division de l’Occident en plusieurs pôles distincts.

Un exemple récent de ce quatrième Occident, qui était autrefois unique et dominant, est le Canada. Le Premier ministre Trudeau a déclaré lors du Forum de Davos que l’ordre mondial actuel s’effondre, et que le monde est en rupture, pas en transition.

Les grandes puissances utilisent l’économie comme arme — tarifs, chaînes d’approvisionnement, infrastructure — pour faire pression, ce qui, selon lui, mène à la déglobalisation.

Il a rejeté les affirmations de Trump sur la dépendance du Canada vis-à-vis des États-Unis, appelant les États moyens à s’unir contre l’hégémonie de Trump, à diversifier leurs liens (y compris se rapprocher de la Chine), et à lutter contre le populisme.

C’est un signe que le quatrième Occident se distingue progressivement en tant que communauté séparée, basée sur des principes idéologiques et géopolitiques, en opposition de plus en plus radicale au « trumpisme » en tant que forme de l’Occident. 

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Israël comme cinquième Occident

Et enfin, ces dernières années, surtout après le début du second mandat de Trump, un autre Occident apparaît — le cinquième. Il s’agit d’Israël sous Binyamin Netanyahu.

Un petit pays, dépendant vitalement des États-Unis et de l’Europe, avec des ressources démographiques limitées et une économie locale, revendique de plus en plus le statut d’une civilisation autonome et joue un rôle important, voire exceptionnel, dans le destin de l’Occident dans son ensemble, en tant que bastion de celui-ci au Moyen-Orient.

Jusqu’à un certain point, Israël pouvait être considéré comme un proxy des États-Unis, un autre vassal, mais la politique de Netanyahu, la droite nationaliste radicale sur laquelle il s’appuie, ainsi que l’influence révélée du lobby sioniste israélien sur la politique américaine, ont changé la donne.

L’ample destruction de la population civile de Gaza par Netanyahu et l’émergence de leaders politiques et religieux radicaux, qui appellent ouvertement à la construction d’un Grand Israël (Itamar Ben-Gvir, Bezalel Smotrich, Dov Lior, etc.), ont suscité un rejet en Occident — surtout dans le deuxième, le troisième et le quatrième.

Ni l’UE, ni la politique de Starmer, ni les réseaux mondialistes (y compris le Parti démocrate américain et le gouvernement canadien de Carney) n’ont soutenu Netanyahu dans ses mesures les plus dures, notamment en ce qui concerne la guerre contre l’Iran.

Deuxièmement, le soutien inconditionnel de Trump à Netanyahu a divisé ses partisans, qui ont lancé une vague massive sur les réseaux sociaux contre l’influence d’Israël et ses réseaux dans la politique américaine.

Tout républicain ou représentant de Trump qui s’exprime publiquement se retrouve face à la question : America First ou Israel First ? Qu’est-ce qui est le plus important pour toi: l’Amérique ou Israël ?

Cela a mis beaucoup de gens dans une impasse et a détruit des carrières. Reconnaître l’un ou l’autre a été risqué à cause de l’ostracisme par des grands lobbies ou l’influence de l’AIPAC.

La publication des fichiers Epstein a renforcé la crainte que l’influence d’Israël sur la politique américaine soit excessive et disproportionnée. Il semble que Tel-Aviv et son réseau d’influence constituent une instance autonome et extrêmement importante, capable d’imposer sa volonté aux grandes puissances mondiales.

Ainsi est apparu le cinquième Occident — avec son propre programme, sa propre idéologie et sa propre géopolitique. 

Conclusion

Concluons cette brève analyse de l’Occident divisé en comparant leur attitude face à la guerre en Ukraine. C’est probablement notre critère le plus important. 

Le moins intéressé par ce conflit est le cinquième Occident. Pour Netanyahu, la Russie et Poutine ne sont pas le principal adversaire, et le régime de Kiev ne bénéficie pas d’un soutien inconditionnel des réseaux de droite. Dans la mesure où la Russie soutient stratégiquement, politiquement, économiquement et surtout militairement les forces anti-israéliennes au Moyen-Orient — notamment l’Iran —, le cinquième Occident se trouve objectivement du côté opposé à la Russie dans une série de conflits locaux.

Mais il ne soutient pas directement le régime de Zelensky. Bien qu'Israël ne soit pas du tout de notre côté.

Globalement, le premier Occident ne considère pas la Russie comme le principal ennemi ou objectif, même pas Trump. De temps en temps, il avance des arguments anti-russes (notamment en justifiant la nécessité d’annexer le Groenland pour des raisons de sécurité face à une éventuelle attaque nucléaire de la Russie), continue de faire pression sur Moscou de manière multilatérale et fournit des armes à Kiev.

La politique de Trump ne peut pas être qualifiée d’amie pour nous, mais, par rapport à d’autres forces au sein de l'Occident «déchiré» (et déchiré par lui-même), sa position anti-russe n’est pas extrême.

C’est tout à fait différent pour le deuxième, le troisième et le quatrième Occident. L'UE, la politique de Starmer et les réseaux mondialistes (y compris le Parti démocrate américain et le gouvernement canadien de Carney) adoptent des positions radicalement anti-russes, soutiennent inconditionnellement le régime de Zelensky et sont prêts à continuer à apporter leur soutien militaire à l’Ukraine.

Ici, la position globale est que la Russie de Poutine, qui s’oriente résolument vers un monde multipolaire et affirme sa souveraineté civilisationnelle, est idéologiquement et géopolitiquement l’opposé des plans des mondialistes pour créer un gouvernement mondial et un monde unifié.

L’exemple d’un tel État mondialiste est l’Union européenne, dont le modèle, selon les mondialistes, doit progressivement s’étendre à toute l’humanité — sans États-nations, sans religions, sans peuples ou ethnies.

Pour le deuxième et surtout pour le quatrième Occident, non seulement Poutine, mais aussi Trump, sont de véritables ennemis. D’où la naissance du mythe politique selon lequel Trump travaille pour la Russie.

Le président américain a divisé l’Occident collectif et a, en réalité, houspillé les mondialistes, qui occupaient auparavant la position centrale. Mais il ne l’a pas fait dans l’intérêt de Poutine et de la Russie, mais en fonction de ses propres idées et convictions.

Si cette tendance à la division entre le premier et le deuxième Occident se poursuit, on peut supposer que les contradictions entre Bruxelles et Washington augmenteront à tel point que les dirigeants européens commenceront à envisager de se tourner vers la Russie pour équilibrer les demandes croissantes et l’agressivité générale de Trump.

Pour l’instant, cela reste très peu probable, mais l’aggravation de la fracture du « West » en cinq entités pourrait rendre cette possibilité plus réaliste.

Et enfin, le troisième Occident, représenté par la Grande-Bretagne, est l’un des principaux pôles d’hostilité et de haine envers la Russie.

Il est difficile d’expliquer cela rationnellement, car la Grande-Bretagne n’a plus aucune réelle chance de restaurer son hégémonie. Si, au premier moitié du 20ème siècle, le Grand Jeu entre l’Angleterre et la Russie constituait l’une des principales, sinon la principale, ligne d’action de la politique mondiale, l’Angleterre a depuis perdu tout statut de puissance mondiale, le transférant aux États-Unis, son ancienne colonie.

Mais la russophobie est énorme dans les élites anglaises et ne peut pas s’expliquer seulement par la douleur d’une hégémonie perdue.

En résumé, l’Occident collectif est divisé en cinq centres de pouvoir relativement autonomes. Comment le puzzle se formera dans le futur, il est difficile de le prévoir, mais il est évident que nous devons prendre en compte ces circonstances dans notre analyse de la situation internationale. Et surtout, dans l’étude du contexte géopolitique et idéologique dans lequel se déploie notre opération spéciale en Ukraine.

20:29 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, donald trump, alexandre douguine, occident | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

dimanche, 08 février 2026

Quand la droite européenne en aura-t-elle fini avec Trump?

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Quand la droite européenne en aura-t-elle fini avec Trump?

Peter W. Logghe

Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94

Dire qu’une grande partie de ce que l’on appelle la « droite européenne » voit dans l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis une percée du populisme de droite, et que ces élections ont aussi laissé entrevoir le meilleur espoir pour les partis de droite en Europe, c’est ouvrir une porte grande ouverte. Trump a été soutenu dans ses provocations par la droite européenne, car, comme j’ai lu quelque part sur une page Facebook: «Trump est l’anti-illusion. Il ne parle pas le langage de l’auto-illusion européenne d’après-guerre, mais celui de la réalité. Brutale. Parfois maladroite. Souvent exagérée. Mais ancrée dans une seule vérité simple: le monde ne suit pas des lignes directrices morales, mais des rapports de force».

Une partie de cette sympathie de droite était liée aux réactions pavloviennes de figures comme Björn Soenens et d’autres face à chaque intervention du président américain. Une autre partie avait aussi à voir avec le fait que Donald Trump ose au moins dire ce qu’il pense: «Si vous voulez la paix, préparez-vous à la guerre!». De même, la politique de Trump en matière d’immigration illégale, une politique dure qui porte peu à peu ses fruits, a pu recueillir beaucoup de compréhension de la part de la droite européenne. N’est-ce pas Trump qui réalisait ce qu’il avait promis aux électeurs ?

L’intervention de Trump fait-elle fondre le soutien électoral de la droite européenne?

Les premiers mois de bonheur semblent derrière nous: la menace de taxes à l’importation, le mépris du président américain pour ses partenaires de l’OTAN, et pour couronner le tout, la crise du Groenland ont probablement fait réaliser à certainrs figures de la droite européenne que Trump considère l’Europe comme insignifiante, voire gênante, et qu’il ne sert que les intérêts américains. Qu’il ne croit qu’au droit du plus fort — de l’Amérique donc. Et que ceux qui lui mettent des bâtons dans les roues sont traités avec brutalité, mépris.

À quel moment la sympathie idéologique se transforme-t-elle en soumission politique ou, au contraire, en rébellion politique? La politique migratoire de Trump pourrait bien devenir ce moment de basculement. Comme j’ai aussi lu quelque part sur Facebook : «Arrêter la migration illégale? Aucun problème. Poursuivre les clandestins et les expulser du pays? Aucun problème. Mais tuer des gens de cette façon, c’est une ligne qu’on ne peut pas franchir». La méthode de Trump — brutale, violente, qui semble même désorganisée — cause des soucis à (une partie de) la droite en Europe. Pour la droite européenne, une politique migratoire stricte ne peut être efficace que si elle s’inscrit dans un cadre ordonné, juridiquement fondé et politiquement soutenu. Le soutien à une politique migratoire stricte en Europe de l’Ouest s’élargit, mais jusqu’à quand, avec les actions de Trump en arrière-plan ?

Copier les méthodes américaines ne serait pas seulement une erreur, cela risquerait aussi d’être sanctionné politiquement. Et là réside probablement le plus grand danger pour la droite en Europe: la politique migratoire de Trump freine-t-elle la percée électorale des partis de droite radicale en Europe de l’Ouest, et empêche-t-elle indirectement ces partis d’accéder au pouvoir? Et comment prendre ses distances d’un président et de ses méthodes sans perdre sa crédibilité?

dimanche, 01 février 2026

Trump a dévoilé la faiblesse de l’Union européenne

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Trump a dévoilé la faiblesse de l’Union européenne

Le Canada et le Groenland? Il ne sera même pas nécessaire de les occuper: la souveraineté se termine si l’on ne sait pas la défendre

par Sarmaticus

Source: https://www.barbadillo.it/127756-trump-ha-smascherato-la-...

Le président Trump s’est entretenu le mercredi 4 septembre 2019 avec le Premier ministre bahaméen Hubert Minnis, exprimant ses condoléances pour la perte de vies humaines et les dégâts catastrophiques dans certaines parties des Bahamas. Le président a également confirmé l’engagement des États-Unis à fournir une assistance humanitaire rapide aux populations et communautés affectées des Bahamas.

Donald Trump ne se limite pas à ridiculiser l’UE. Il le fait publiquement. Un théâtre si précis qu’il frise la cruauté, si ce n’est qu’il est mérité. Deux images suffisent : 

- Les “meilleurs” de l’UE, réunis dans la salle ovale, regardent une carte, pendant que Trump fait la prédication, en tant que propriétaire remontant le bretelles de quelques locataires défaillants.

- Trump plante le drapeau américain sur le Canada et le Groenland, non comme une conquête, mais comme une moquerie : une image si brutale qu’elle fait exploser chaque leçon que l’UE a donnée sur la souveraineté au cours de la dernière décennie.

Un continent qui a “externalisé”

Dans le miroir que tend Trump, l’UE se voit enfin: un continent qui a externalisé l’énergie, la défense et la prise de décision, mais qui murmure “droit international”, quand son hypocrisie est dévoilée. L’UE prêchait des valeurs, alors qu’elle vivait du gaz russe, économique et fiable. L’UE adressait force reproches à Moscou, tandis que l’OTAN s’insinuait à l’est, brisant promesse après promesse faite à la Russie. L’UE riait des garanties de sécurité en estimant qu'elles relevaient de la paranoïa, même après l’explosion des gazoducs et le scintillement des lumières déclinantes. Et maintenant ? Maintenant, l’UE découvre que l’impérialisme est moche, mais seulement quand l’échiquier est inversé.

Souverains ? Cela dépend...

Soudain, la souveraineté (dans un certain sens) compte. Soudain, les frontières sont sacrées. Soudain, l’ordre basé sur des règles doit être (doucement) défendu – mais seulement lorsque Washington fait pression, au lieu de Moscou. Voilà ce que l’UE refuse de dire: annexer l’UE n’est pas l’intention de Moscou, c’est la réalité de Davos, avec Washington, qui est complice de la classe politique du “véritable européisme”.

La Russie a demandé une architecture de sécurité juste et indivisible, de Lisbonne à Vladivostok. L’Europe n’a pas fait d’offre alternative. Elle a reporté, cachée derrière les communiqués russophobes de l’OTAN. Puis elle a applaudi les sanctions qu’elle savait qu'elles allaient se retourner contre elle, car il était plus facile de faire du théâtre moral que de faire de la stratégie. 

Les familles face à la misère et l’arrogance des élites

Maintenant, les usines sont presque à l’arrêt. Les familles européennes paient le prix le plus élevé de cette arrogance. Le choc des importations de gaz de l'Allemagne a été brutal: selon les données officielles, le prix moyen à la frontière a augmenté de 224 % en un an, après l’interruption de l’approvisionnement via le gazoduc russe, et les coûts énergétiques industriels de l’UE ont atteint 2 à 4 fois ceux des concurrents mondiaux, paralysant la compétitivité dans le secteur manufacturier lourd.

Nous paierons le double

L’Europe s’est mise en rang pour acheter du GNL américain à des prix exorbitants, en faisant semblant de ne pas savoir qui en bénéficiait, en avalant la facture sans broncher et en la qualifiant de “solidarité”. Puis est venue l’humiliation. Trump a publié un message du chef de l’OTAN, Rutte, un message de gratitude, d’éloges et de soumission. Le chef de l’OTAN est réduit à un courtisan numérique, remerciant l’empereur pour sa discipline.

L’Europe aurait pu choisir l’équilibre, la diplomatie plutôt que le dogme russophobe. Elle aurait pu choisir l’autonomie stratégique plutôt que l’esclavage atlantiste, déguisé en vertu. Trump n’a pas créé la faiblesse de l’UE: il l’a dévoilée. Il ne l’a pas sapée dans sa souveraineté. Il a rappelé à l’UE qu’elle ne l’a plus. L’UE voulait être sainte, elle est maintenant simplement faible. Trump n’a pas brisé le continent, il refuse simplement de le faire passer pour pertinent.